Politique

Moreno-Ocampo compare El-Béchir à Hitler

Le président soudanais Omar el-Béchir, le 3 février 2010 à Addis Abeba. © AFP

Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI) a fait savoir ses craintes quant au bon déroulement du scrutin prévu au Soudan en avril prochain. Selon lui, la priorité est d'arrêter Omar el-Béchir, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Le maintien des élections nationales au Soudan, du 11 au 13 avril prochains, n’en finit pas de faire des vagues. Alors que l’opposition soudanaise souhaite le report du scrutin et que la Fondation Carter -qui a dépêché sur place une mission américaine d’observation- estimait la semaine dernière qu’un ajournement était probable compte tenu de l’état d’avancement du processus électoral, les autorités soudanaises ont fermement démenti qu’une décision en ce sens soit étudiée par le gouvernement.

Mardi 23 mars, c’est au tour du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo, de tirer la sonnette d’alarme. "C’est comme surveiller une élection sous Hitler", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Bruxelles, dans une claire allusion au défi que représentait le contrôle du scrutin par l’Union européenne, elle aussi présente sur place. Moreno-Ocampo a estimé qu’il appartenait en premier lieu "au gouvernement soudanais" d’arrêter Omar el-Béchir.

Mandat d’arrêt international

Le président soudanais, candidat à sa propre succession est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la CPI le 4 mars 2009. Il est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, des chefs d’accusation auxquels le procureur voudrait voir s’ajouter celui de génocide. Début février, la chambre d’appel de la CPI a ordonné que les juges qui n’avaient pas retenu le chef d’accusation de génocide, alors qu’il était réclamé par l’accusation, réexaminent leur décision.

Les élections nationales et générales (législatives, régionales et présidentielle) seront les premières consultations multipartites depuis 1986. Ce scrutin est aussi un des piliers de l’accord de paix signé en 2005 après vingt ans d’affrontements civils entre le Nord musulman et le Sud majoritairement chrétien. Il s’agira donc d’un véritable test pour Omar el-Béchir, arrivé au pouvoir en juin 1989 à la faveur d’un coup d’Etat militaire.
 

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