Paul Kagamé sûr de sa victoire à la présidentielle

Paul Kagamé brigue un deuxième septennat à la tête du Rwanda. © AFP

Alors que le climat politique se crispe à l’approche des élections présidentielles du 9 août, le président rwandais, Paul Kagamé, assure n’avoir aucun doute sur sa victoire.

Le président rwandais Paul Kagamé ne manque pas d’assurance. Notamment à propos de sa probable réélection à la tête du Rwanda pour un deuxième septennat, à la faveur de la présidentielle du 9 août.

« Je ne vois aucune raison pour laquelle le FPR [Front patriotique rwandais, NDLR] ne reviendrait pas avec une immense majorité de soutien de la part du peuple de ce pays et je n’ai aucun doute à ce sujet », a-t-il affirmé lors d’une d’une conférence, mardi 11 mai. « Je suis confiant que le FPR va gagner cette élection, et je ne procède pas par devinettes », a-t-il poursuivi, assurant que son parti avait « apporté des progrès et des changements qui sont visibles » dans le pays.

L’annonce de Paul Kagamé ne doit rien à un hasard de calendrier : c’est ce week-end qu’un congrès national du FPR doit le désigner comme candidat à la présidentielle, car il a déjà massivement remporté les primaires de son parti dans tous les districts et provinces du pays.

Opposition en gestation

Président élu depuis 2003 (avec 95 % des suffrages), mais au pouvoir depuis la fin du génocide de 1994, Paul Kagamé est désormais confronté à une opposition qui tente de se structurer. Alors que tous les partis agréés au Rwanda avaient soutenu le candidat du FPR en 2003, trois formations – dont deux font partie de l’actuelle coalition gouvernementale -, ont annoncé leur intention de présenter leurs propres candidats.

Mais, déjà, des organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse redoutent qu’une campagne de répression ne s’installe à l’encontre des partis d’opposition et des médias indépendants. Une dirigeante de l’opposition, Victoire Ingabire, a été arrêtée, le 29 avril. Elle est accusée de collaboration avec une organisation terroriste, de « divisionnisme », de « négation et minimisation du génocide » de 1994.

Promesses d’un scrutin libre

Par ailleurs, deux journaux privés, l’hebdomadaire Umuseso et le bimensuel Umuvugizi, ont été suspendus le 13 avril pour six mois par le Haut Conseil des médias rwandais, accusés « d’incitation de l’armée et de la police à l’insubordination aux ordres de leurs chefs », de « publication d’informations portant atteinte à l’ordre public », de « diffusion de rumeurs » ainsi que de « diffamation » et d’« immixtion dans la vie privée des gens ». Selon l’ONG Human Rights Watch, Umuseso n’est que l’une des dernières voix critiques au Rwanda.

Le gouvernement Kagamé nie, quant à lui, toute crise ou tension politique, et préfère mettre en avant ses performances en matière économique. Le Rwanda a, par exemple, été désigné par la Banque mondiale en 2010 comme le pays ayant mis en œuvre la réforme du monde des affaires la plus efficace. Paul Kagamé a également promis un processus électoral libre et juste. « Le FRP est prêt à entrer dans la course électorale et prêt à affronter tout le monde. La Constitution autorise les candidatures personnelles. Je pense que c’est sain et je soutiens cela », a-t-il assuré.

Couverture

Exclusivité : - 30% sur votre édition digitale


Couverture

+ LE HORS-SERIE FINANCE OFFERT dans votre abonnement digital. Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez !

Je m'abonne à Jeune Afrique