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Coups de feu à Antananarivo

Des soldats malgaches patrouillent à Antananarivo en marge d'une manifestation, en 2009. © AFP

Une fusillade a éclaté entre des soldats mutins de la FIGN et la gendarmerie, chargée du maintien de l’ordre. Deux personnes ont trouvé la mort.

Mis à jour le 21 mai à 08h30

Les deux forces de sécurité malgaches se sont affrontées, jeudi 20 mai vers 10 h45 du matin (7h00 GMT) dans le centre d’Antananarivo. Une fusillade a éclaté entre, d’un côté, l’armée et la gendarmerie et, de l’autre, la Force d’intervention de la gendarmerie nationale (FIGN). Un bilan faisant été de deux morts a été communiqué lors d’une conférence de presse en fin de journée.

« Il y a deux morts », un gendarme de la FIGN et un soldat loyaliste, a indiqué dans la soirée le Premier ministre et ministre des Forces armées, Camille Vital, revêtu pour l’occasion d’un treillis militaire. « Face à la mutinerie d’une partie des éléments de la FIGN poussée par quelques éléments dits religieux, les forces armées ont dû se résoudre à un assaut du camp de gendarmerie de Fort-Duschesne où se sont retranchés des éléments rebelles », a expliqué Camille Vital.

Des témoins avaient d’abord évoqué des blessés dans les rangs de l’armée. Six personnes ont été admises dans le principal hôpital de la ville, mais le chef des urgences, Cornell Rafolohanitrarivo, avait refusé de préciser si des militaires figuraient parmi eux.

Après les coups de feu, un mouvement de panique a envahi la capitale, où des tirs continuaient à se faire entendre, de manière plus sporadique, après 12h00 (9h00 GMT). Certaines écoles et des commerces situés à proximité sont fermés. La circulation est interrompue sur les routes principales.

Crainte d’un putsch

La FIGN a installé, mercredi soir, des barrages filtrants près de leur base, à Fort Duschesne « pour se défendre », mais dit ne pas fomenter un coup d’État contre la HAT d’Andry Rajoelina. Plusieurs de ses membres se sont regroupés en un mouvement de protestation contre leur hiérarchie. Les forces de sécurité se sont déployées jeudi matin pour démanteler les barrages et « sécuriser la zone », par crainte d’une rébellion de grande ampleur. Une dizaine de camions et cinq pick-up militaires étaient visibles non loin de la fusillade.

Selon le site d’informations madonline.com, les hommes de la FIGN prévoyaient de faire une déclaration sur la radio nationale dans la journée de jeudi. Les mutins avaient déjà appelé la population malgache à les rejoindre près de leur camp, dans le centre-ville, en signe de protestation contre le régime de transition. Selon le site de la BBC-Afrique, un autre rassemblement devait avoir lieu aujourd’hui, non loin du camp de la FIGN, avec des religieux proches de l’ancien président, Marc Ravalomanana. Les mutins disent avoir voulu l’encadrer.

La force armée de la gendarmerie, destinée à maintenir l’ordre lors des manifestations de l’opposition, affirme ne pas être à l’origine des premiers tirs. « On n’a jamais voulu attaquer. Ils ont commencé à nous tirer dessus. On a riposté seulement trente minutes après quand on a décidé de progresser vers le camp », a affirmé le colonel Richard Ravalomanana de l’état-major mixte opérationnel régional, estimant le nombre des « mutins » à « une vingtaine, trente au maximum ».

Riposte

La FIGN, créée par la Haute autorité de transition (HAT) en 2009, est marquée par des tensions internes depuis plusieurs mois. Le président évincé de Madagascar, Marc Ravalomanana a reconnu publiquement avoir versé près de 190 000 euros début 2009 à la hiérarchie de la gendarmerie. Il était alors confronté au mouvement populaire emmené par son rival Andry Rajoelina. Les mutins reprochent à leur ancien numéro 2, le général Bruno Razafindrakoto, devenu entre-temps commandant de la gendarmerie nationale peu après la prise du pouvoir d’Andry Rajoelina, de ne pas avoir redistribué cet argent.

Madagascar est plongée dans une crise politique depuis fin 2008, qui a conduit à l’éviction en mars 2009 de Marc Ravalomanana et à son remplacement par Andry Rajoelina, alors soutenu par l’armée. Début mai, Andry Rajoelina a toutefois échoué à obtenir un soutien clair des forces de sécurité en vue de la mise en place d’un gouvernement « neutre » accordant plusieurs postes à des militaires. (avec AFP)

 

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