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Amnesty International : « la politique avant la justice »

Les pays du G20 ne sont pas tous exemplaires en matière de détention de prisonniers d'opinion. © DR

L’ONG Amnesty International a présenté son rapport annuel à Paris mercredi. Malgré quelques signes encourageants constatés en 2009, les dirigeants internationaux n’ont toujours pas fait du respect des droits de l’homme une priorité.

« En 2009 dans le monde, la politique passait toujours avant la justice et les alliances régionales avant le droit des victimes », a estimé Francis Perrin, vice-président d’Amnesty International France le 26 mai, lors de la présentation à Paris du rapport annuel 2010 de l’ONG sur les droits humains, qui récapitule chaque année les avancées et les reculs en la matière, dans le monde.

Prospérité ne rime pas avec volonté de justice

Parmi les événements majeurs de 2009 figure la délivrance en mars d’un mandat d’arrêt à l’encontre du Soudanais Omar el-Béchir – le premier contre un président en exercice. Mais de nombreux pays du continent, soutenus par l’Union africaine, ont refusé d’exécuter cette ordonnance de la Cour pénale internationale (CPI). Ce qui fait dire à Amnesty international que des régimes, des individus et des entreprises demeurent encore au-dessus des lois cette année.

On peut cependant se féliciter de la comparution en justice pour pollution des sociétés Trafigura en Côte d’Ivoire ou Shell aux Pays-Bas. Ces deux affaires ont confirmé que la responsabilité sociale des entreprises relevait des droits de l’homme. Et qu’elle commençait à être réellement prise en compte.

D’autre part, Amnesty a procédé à une intéressante mise en lumière de la situation dans les pays du G20 qui révèle que prospérité et volonté de justice ne vont pas toujours de pair. En 2009 par exemple, 30 % de l’ensemble des pays du monde détenaient des prisonniers d’opinion, contre 42 % des pays du G20.

En Afrique, plusieurs décisions importantes ont été saluées cette année : la commutation de la peine de mort de 4 000 prisonniers kenyans ; le refus du Rwanda de criminaliser l’homosexualité ; la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants en Sierra Leone… Mais en parallèle, les conflits armés en Somalie, en RD Congo ou au Soudan, ainsi que le déni de justice opposé aux victimes ont perpétué les violations des droits humains, et notamment ceux des femmes.
  
Au Maghreb et au Moyen-Orient, au-delà des conflits à Gaza, en Irak ou au Yémen, Amnesty a répertorié de nombreux manquements aux droits individuels politiques et sociaux : maintien de l’état d’urgence en Egypte et en Syrie ; répression de l’opposition et des médias en Iran ou en Tunisie ; discrimination à l’égard des homosexuels ou des réfugiés ; insécurité liée aux attentats… Des événements encourageants ont cependant été enregistrés en 2009 : l’élection des quatre premières femmes députées au Koweït ou la condamnation par la justice égyptienne du refus du gouvernement d’instaurer un salaire minimum légal.

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