Fermer

La Beac, ou l’histoire d’une longue convalescence

Les chefs d'État de la Cemac. © Rafaël Ricoy

Lors de leur sommet extraordinaire qui s’est ouvert à Brazzaville, lundi 7 juin, les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ont procédé à de nouvelles nominations. Objectif : « remédier » aux dysfonctionnements de la Beac.

La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), « poumon et souffle économique monétaire » de l’Afrique centrale, comme l’a appelé le président congolais Denis Sassou Nguesso, n’est pas encore sortie d’affaire. Réunis à Brazzaville depuis le 7 juin, les six présidents des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui devaient faire le bilan des décisions prises à Bangui en janvier, ont à nouveau pointé « des dysfonctionnements au sein de l’institution d’émission », à savoir la Beac.

Conséquences : ils ont procédé à de nouvelles nominations, comme celles du Congolais Daniel Ngassiki, qui devient secrétaire général de l’institution. Les six présidents se sont aussi mis d’accord sur « l’uniformisation de la durée des mandats [à la tête des institutions de la Cemac, NDLR] à cinq ans, à l’exception de la BEAC ».

L’intégration régionale au point mort

L’institution avait été ébranlée par le scandale des malversations opérées depuis le bureau parisien de la Banque centrale et révélées par Jeune Afrique (25 millions d’euros entre 2004 et 2009, d’après un rapport publié fin octobre) et la découverte de placements hasardeux par ses dirigeants. Lors du sommet extraordinaire du mois de janvier, une profonde réforme des statuts avait été actée, instituant le principe de rotation du poste de gouverneur entre les six États membres. Ce poste, auparavant dévolu à un Gabonais, était revenu à l’Équato-Guinéen Lucas Abaga Nchama.

Outre les nouvelles nominations, la création d’un « passeport Cemac », qui devrait permettre la libre circulation des biens et des personnes au sein de la zone, était également à l’ordre du jour. Le président congolais, hôte du sommet, a fait par de ses inquiétudes. « Il faut prendre des mesures de sauvegarde, il ne faudrait pas que les criminels profitent de ce passeport », a-t-estimé.

C’est aussi Brazzaville qui, d’après Antoine Ntsimi, le président de la Commission de la Cemac, devrait hériter du siège de la future compagnie aérienne Air Cemac. On s’attendait à une date pour le début de l’exploitation mais Ntsimi a simplement indiqué qu’un « contact » a été pris avec le « partenaire stratégique South African Airways ».

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici