Deux Norvégiens abonnés à la peine de mort

Les ex-militaires norvégiens Tjostolv Moland et Joshua French, le 3 décembre 2009 à Kisangani. © AFP

Reconnus coupables d’espionnage et de meurtre, French et Moland ont été condamnés à mort pour la troisième fois, suite à l'annulation de leur précédent procès. Les deux Norvégiens devraient donc passer de très longues années derrière les barreaux, puisque la RD Congo n'applique plus la peine capitale…  

Drôle de routine, sentence lugubre. Joshua French, 28 ans et Tjostolv Moland, 29 ans, « ont été condamnés à mort pour espionnage, association de malfaiteurs, meurtre et tentative de meurtre », a affirmé jeudi le colonel Pierre Agabu, représentant le ministère public au procès qui s’est tenu devant la cour militaire de Kisangani, chef-lieu de la province orientale (nord-est de la RD Congo).

Ces deux ex-militaires norvégiens ont l’habitude des procès et des verdicts de cette nature : en décembre 2009, ils avaient déjà été condamnés à mort par la même cour en appel, laquelle avait confirmé la peine rendue en première instance début septembre 2009. Mais le verdict avait été annulé par la haute cour militaire de Kinshasa, fin avril 2010, pour « irrégularité ». D’où ce nouveau procès qui s’est tenu avec la participation de nouveaux magistrats venus, cette fois, directement de la capitale congolaise.

Prison à vie

Les deux Norvégiens étaient jugés pour le meurtre, le 5 mai 2009, d’un chauffeur congolais qui conduisait le véhicule qu’ils avaient loué à Kisangani. Ils ont également été condamnés pour « détention (illégale) d’armes de guerre, vol à main armée d’un véhicule », a déclaré le colonel Agabu, qui a également précisé que « la tentative d’assassinat et l’assassinat avait été commuée en meurtre et tentative de meurtre », affirmant que « c’est pratiquement le même texte qui a été prononcé » en décembre 2009.

Heureusement pour French et Moland – leurs vrais noms ? – il n’y a plus eu d’exécutions en RD Congo depuis l’arrivée au pouvoir du président Joseph Kabila en 2001. Mais, la législation pénale prévoyant la peine de mort n’ayant pas été abrogée, les peines capitales prononcées sont commuées en prison à perpétuité.

Agents de Sa Majesté ?

Ce n’est pas tout. Les condamnés doivent également verser, solidairement avec l’État norvégien, « 60 millions de dollars américains à la RDC, à raison d’un dollar par Congolais, 3 millions de dollars pour la veuve, 1,5 million au père du défunt et 100 000 dollars à l’association des chauffeurs de Kisangani », selon une copie du prononcé du verdict obtenue sur place par l’AFP.

Affaire de barbouzes ou de mercenaires ? Oslo a toujours rejeté les accusations d’espionnage et affirmé que les deux hommes étaient d’anciens militaires. Or, selon l’accusation, ils possédaient des armes au moment de leur arrestation, ainsi que des cartes militaires valides et non maquillées… Ce qui paraît tout de même peu professionnel, pour des agents secrets de Sa Majesté, Harald V de Norvège.