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Une équipe de combat

Le président béninois Boni Yayi à Cotonou, le 18 juin 2008. © AFP

Le sixième gouvernement du président Yayi Boni se veut très politique. Objectif : assurer la victoire à l'élection présidentielle, l’année prochaine.

Ce nouveau gouvernement béninois, présenté le 18 juin, est avant tout tourné vers l’élection présidentielle de 2011. Sans majorité à l’Assemblée nationale et victime de dissensions internes, la mouvance présidentielle était dans l’obligation de resserrer les rangs autour des plus fidèles, tout en essayant une ouverture prudente vers ceux qui pourront, le moment venu, apporter des voix au chef de l’Etat, Yayi Boni.

Première cible, les « kérékistes », nostalgiques de l’ancien président Mathieu Kérékou muré dans un silence assourdissant depuis son départ du Palais de la Marina, en 2006. Tout porte à croire que « le caméléon » (son surnom au Bénin, NDLR) se refusera à exprimer clairement sa préférence. Mais, en attendant, il envoie des signaux.

Le 17 juin, il a reçu le président à son domicile après avoir accordé à son « fils », Modeste Kérékou, un bon de sortie. Ce dernier se retrouve ministre de la Jeunesse et des Sports à l’instar de Galiou Soglo – le fils de l’ancien président Nicéphore Soglo – qui l’a été de 2006 à 2008. Catapulter la progéniture de ses prédécesseurs dans ce ministère qui a l’immense avantage de toucher les jeunes électeurs devient une habitude pour Yayi Boni. C’est en tout cas bien joué, car le « parrainage », réel ou supposé, de Mathieu Kérékou vaut de l’or au Bénin. Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et candidat potentiel, Abdoulaye Bio-Tchané, est aussi sur ce registre de l’adoubement.

Affaires de corruption

Parmi les arrivées, il faut aussi souligner celles de Candide Azanaï – un transfuge de la Renaissance du Bénin (RB, opposition) – à l’Industrie et de Claudine Prudencio – qui se réclame du très populaire et ancien président Emile Derlin Zinsou – au Tourisme et à l’Artisanat.

Outre la sortie attendue de ceux qui ne donnaient pas satisfaction dans la gestion des affaires de l’Etat, un seul « poids lourd » est remercié. Après avoir été conseiller technique à la présidence, Secrétaire général du gouvernement puis Garde des sceaux et Porte-parole du gouvernement, Victor Topanou, avait été prévenu par le chef de l’Etat de son départ, le 14 juin. Raison invoquée : la lenteur de la justice dans les affaires de corruption.

Plus fondamentalement, Topanou incarnait l’aile modérée du pouvoir, prête à discuter avec l’opposition et soucieuse d’apaiser le climat politique. A l’approche du scrutin présidentiel, cette stratégie – qui n’a jamais été sérieusement envisagée par le chef de l’Etat – est définitivement abandonnée. Elu en 2006 sur le thème du changement et de la rupture avec la classe politique, Yayi Boni en revient aux fondamentaux : muscler le discours tout en voulant rassembler autour de sa personne. Pour battre le candidat de l’Union fait la nation (UN, opposition), Adrien Houngbédji, à la présidentielle de 2011.

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