Présidentielle : Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé au second tour, selon les résultats provisoires

Par Jeune Afrique

Cellou Dalein Diallo (à g.) arrivé en tête du scrutin, suivi par Alpha Condé (à dr.). © Youri Lenquette pour J.A.

La Commission électorale guinéenne a annoncé les résultats provisoires de l'élection présidentielle qui s'est tenue dimanche 27 juin et qui doit mettre fin à la période de transition dirigée par le général Sékouba Konaté.

La Commission électorale a annoncé, vendredi 2 juillet vers 22h45, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 27 juin dernier. Cellou Dalein Diallo arrive en tête avec 39, 72 % des suffrages et sera donc présent au deuxième tour de l’élection, prévu le 18 juillet. Il devrait alors affronter Alpha Condé, l’opposant historique à la dictature de Lansana Conté, qui a récolté 20,67 % des voix. Sidya Touré, quant à lui, porte la casquette du troisième homme avec 15,60 % des voix.

La participation, très haute, s’élève à 77 %. Une heureuse surprise, alors que la préparation du scrutin accusait encore du retard quelques jours avant le jour fatidique et que l’accès aux bureaux de vote n’était pas toujours évident. Certains électeurs ont dû ainsi parcourir plus de trente km – parfois à pied ou en vélo – pour accomplir leur devoir civique.

Cellou Dalein Diallo, candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (photo : Vincent Fournier, pour JA)

Les deux finalistes ont des profils très différents. Cellou Dalein Diallo, 58 ans et père de trois enfants, a été pendant onze ans ministre de Conté et même son Premier ministre (2004 à 2006), avant d’être débarqué pour « faute lourde ». Son origine peule – la plus forte composante ethnique d’un pays où le vote est très identitaire – est un atout de taille. Il est très populaire en Moyenne-Guinée et dans les banlieues de Conakry. Quant à Alpha Condé, 72 ans, qui est d’origine malinké et père d’un enfant, son fief est situé en Haute-Guinée, où il est souvent vu en martyr pour avoir été persécuté par le régime de Lansana Conté.

Alpha Condé, candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (photo : Vincent Fournier, pour JA)

Election historique

Un peu plus de 3,3 millions de votants se sont pressés aux urnes dimanche 27 juin pour élire leur nouveau président . Le vote s’est déroulé dans le calme, sans incident et sous la surveillance de plus de 500 observateurs internationaux. Mais des affrontements à Forécariah en Basse Guinée, qui ont fait quatre morts, font craindre d’autres dérapages. Après le scrutin, vingt des vingt-quatre candidats en lice ont vivement dénoncé des fraudes. Edem Kodjo, le chef de la mission d’observation de l’Union africaine, a dû les rappeler au calme, dans les colonnes de jeuneafrique.com.

Après des mois d’instabilité, le général Sékouba Konaté, président de la Guinée par intérim, avait imposé la tenue d’un scrutin dans les plus brefs délais, afin d’e mettre fin à la période de transition. Cette élection est donc historique puisque c’est la première démocratique d’un pays où les dictatures se sont succédées depuis la proclamation de l’Indépendance en 1958.

Depuis cette date, l’ex-colonie française a connu la « présidence à vie » d’Ahmed Sékou Touré pendant 26 ans (1958-1984), les 24 années de règne du militaire Lansana Conté (1984-2008), puis une année de gestion catastrophique du pays par une junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara. Victime d’une tentative d’assassinat le 3 décembre dernier – après le massacre de dizaines d’opposants le 28 septembre 2009 au stade de Conakry – celui-ci avait été contraint de s’exiler du pays, puis de se retier de la vie politique, presque un an jour pour jour après avoir pris le pouvoir au lendemain de la mort de Lansana Conté.

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