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Campbell/Taylor : la belle et la bête, face à face

Par Jeune Afrique

La belle Naomi devra se présenter face à la "bête" Charles Taylor. © AFP

La comparution du top model britannique Naomi Campbell au procès de Charles Taylor a été fixée au 29 juillet. Son témoignage pourrait faire capoter la défense de l'ancien président du Liberia, accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

Mis à jour le 1er juillet à 19h20.

La belle voulait se dérober. C’est désormais trop tard : Naomi Campbell, la mannequin britannique d’origine jamaïquaine, ne devrait pas tarder à témoigner devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), qui est hébergé à la Haye par la Cour pénale internationale (CPI). Une date est même déjà fixée : le 29 juillet.

Le tribunal avait annoncé plus tôt dans la journée du 1er juillet que la belle serait dans l’obligation de se présenter devant sa juridiction. La chambre « ordonne que l’accusation prépare et soumette sur le champ une citation à comparaître dans le but de témoigner » et ordonne de transmettre celle-ci « aux autorités compétentes de l’Etat dans lequel Mlle Campbell réside », indiquait une ordonnance datée de mercredi. Le zèle des avocats des parties civiles n’a pas tardé à produire son effet.

Viols, meurtres et mutilations

En cause : une sombre affaire de « diamants du sang » ayant pour cadre le procès de l’ex-président libérien Charles Taylor, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, entre autres chefs d’accusation particulièrement lourds. Et très gênants pour l’image de la top-modèle, puisqu’il s’agit de meurtres, de viols, de mutilations et d’enrôlement d’enfants soldats durant la guerre civile en Sierra Leone qui a fait 120 000 morts et des milliers de mutilés entre 1991 et 2001. En clair, Taylor est accusé d’avoir dirigé en sous-main les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF) en leur fournissant armes et munitions en échange de diamants.

L’accusation de Charles Taylor soupçonne la « Panthère » d’avoir reçu en cadeau un diamant des mains de Charles Taylor en marge d’un dîner organisé par le président sud-africain Nelson Mandela en 1997. A cette époque, toujours selon l’accusation, Taylor s’était rendu en septembre 1997 en Afrique du Sud pour vendre ou échanger des diamants reçus des rebelles sierra-léonais en échange d’armes.

Même blessée, la « bête » reste influente

Charles Taylor, 62 ans, jugé depuis janvier 2008, nie avoir jamais eu de diamants bruts en sa possession et avait démenti catégoriquement, le 14 janvier, avoir donné un diamant au mannequin. Laquelle ne s’était pas prononcée sur la réalité des faits – ce qui pourrait porter un coup fatal ou consolider la stratégie de défense de l’ancien président – mais avait déclaré publiquement ne pas vouloir être impliquée dans cette affaire.

Le TSSL avait annoncé mercredi que les juges avaient accepté que Naomi Campbell, son agent Carol White et l’actrice Mia Farrow témoignent au procès de Charles Taylor. Comme la « Panthère » souhaitait rester discrète, il fallait une citation à comparaître pour l’obliger à se présenter devant le tribunal, où elle devrait bientôt faire face à celui qu’on présente comme l’un des plus impitoyables dictateurs africains de ces vingt dernières années. Mais, même blessée, la « bête » reste influente : son procès avait été délocalisé de Freetown à La Haye pour éviter tout risque de déstabilisation de la région…
 

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