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Encore un attentat non revendiqué à Kigali

Kigali est considérée comme l'une des capitales africaines les plus sûres. © AFP

Une grenade a explosé en plein centre-ville de la capitale, faisant au moins sept blessés. C'est la sixième attaque de cette nature à Kigali cette année.

C’est désormais presque une tragique habitude. Mercredi 11 août au soir, un nouvel attentat a frappé la capitale rwandaise, le jour de la proclamation de la victoire du président Paul Kagamé, réélu avec 93 % des voix. Une grenade a explosé en plein centre-ville de Kigali, faisant au moins sept blessés.

« Ça s’est passé aux heures de pointe, aux alentours de 19h00 (17h00 GMT), et pas très loin de la gare routière », précise le capitaine Eric Kayiranga, porte-parole de la police. « Il y a eu au moins sept blessés, dont deux enfants, la police a commencé son enquête », a-t-il précisé, faisant état de l’arrestation de « trois suspects ».

Quartiers de grande affluence

« J’ai compté au moins vingt blessés », a raconté pour sa part Steve Terril, journaliste américain free lance, qui se trouvait à proximité au moment de l’explosion. « On a rempli deux pick-ups (de blessés), et il en restait encore sur place. Une femme avait perdu un oeil. Tous ceux qu’on a chargé dans les véhicules étaient encore conscients », selon ce témoin.

Cet attentat fait visiblement partie de la série qui a ensanglanté Kigali entre février et mai dernier. Cinq attaques à la grenade (d’abord trois puis deux) avaient fait au moins quatre morts et une cinquantaine de blessés. Toutes visaient des quartiers très fréquentés de la ville à une heure de grande affluence mais aucune d’entre elles n’avait été revendiquée.

Fractures au sein du FPR

Les autorités les avaient attribuées dans un premier temps aux miliciens Interahamwe ayant participé au génocide de 1994, avant d’accuser l’ex-chef d’état-major de l’armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, exilé en Afrique du Sud et victime le 19 juin d’une mystérieuse tentative d’assassinat. Kigali avait nié toute participation au crime, alors que Pretoria avait mis en cause un « pays étranger ».

Difficile donc, de savoir qui se cache derrière les attaques. D’autant que de nombreuses fractures sont apparues ces dernières années au sein de l’élite anglophone (car issue de la diaspora « tutsi » ougandaise) du Front patriotique rwandais de Kagamé (FPR). Parmi les plus grandes défections : la fuite en exil de l’ex-chef des services secrets Patrick Karegeya en 2007, puis celle du général Nyamwasa en février dernier. Plusieurs officiers de haut-rang, personnalités clés du régime, ont également été arrêtés. Ils sont accusés officiellement de corruption ou de malversations.
 

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