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Kabila à Luanda : du pétrole au menu

Le président congolais Joseph Kabila convoite des blocs off-shore exploités par l'Angola. © AFP/GIANLUIGI GUERCIA

Le président congolais Joseph Kabila doit s’entretenir aujourd’hui avec son homologue angolais José Eduardo dos Santos. Au menu : les différends frontaliers entre les deux pays concernant l'exploitation pétrolière.

Ce sera la première visite officielle de Joseph Kabila en Angola cette année. Le président de la RD Congo est arrivé aujourd’hui en Angola pour une courte visite, a rapporté la radio d’État, la Radio nationale d’Angola (RNA).

Principal objet de la visite : un entretien de Kabila avec son homologue José Eduardo dos Santos. Les deux hommes doivent aborder « plusieurs sujets d’intérêt commun comme la stabilité dans la région des Grands Lacs », selon la RNA.

Mais l’essentiel de leurs conversations devraient tourner autour des relations entre les deux pays, tendues en 2009 suite à des expulsions de ressortissants congolais et angolais de part et d’autre de la frontière.

En représailles à l’expulsion d’Angola d’immigrés illégaux originaires de RD Congo, Kinshasa avait commencé début octobre à expulser les Angolais installés sur son territoire – souvent légalement – lors de la guerre civile chez son voisin (1975-2002). À la mi-octobre 2009 , les deux pays avaient finalement décidé de suspendre ces expulsions réciproques.

Délimitation des frontières maritimes

Mais l’autre sujet de discorde – non résolu – est plus économique. Il s’agit de la délimitation des frontières maritimes des deux pays, enjeu essentiel compte-tenu des richesses pétrolières au large de la côte atlantique.

L’espace maritime de la RD Congo est confiné à un triangle qui s’étend sur 40 km au large de sa côte, entre les provinces angolaises de Zaïre et de Cabinda. Grâce à ses quelques puits off-shore, Kinshasa ne produit que 25 000 barils par jour, alors que l’Angola se dispute avec le Nigeria la place de 1er producteur de brut africain.

La RD Congo, qui a déposé en mai 2009 une requête auprès des Nations unies pour l’extension de son plateau continental, peut prétendre à un offshore de 4 000 km2 (200 km de long sur 20 km de large). L’ambition de Kinshasa, que rejette Luanda, est de prendre possession d’une partie des gisements de pétrole de deux blocs off-shore dont les réserves sont estimées à 4,3 milliards de barils.

En attendant le verdict de la justice internationale, les deux pays ont identifié une zone d’intérêt commun (ZIC) au terme d’un accord ratifié en 2008 et qui prévoit le partage à égalité. Longue de 375 km et large de 10 km, cette ZIC comporte deux parties. L’une, à l’ouest fait l’objet d’un contrat de partage de production (CPP). Mais la partie est n’est pas encore exploitée. L’Angola a proposé à la RD Congo des contrats de services à risque et promis un appui budgétaire de 600 millions de dollars. Un partenariat qui reste à être mis en œuvre.
 

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