L’UNFPA plébiscite les femmes dans la recherche de la paix

Des femmes officiers de police enseignent l'autodéfense à des jeunes filles, au Liberia. © VII Photo/Marcus Bleasdale

Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a publié le 20 octobre son rapport sur l’état de la population mondiale, qui s’intéresse à la situation des femmes, plus vulnérables dans les conflits et les catastrophes naturelles. L’organisme onusien montre qu’elles tiennent une place centrale dans les efforts de reconstruction et de développement des sociétés meurtries.

La publication du rapport 2010 du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) coïncide avec les dix ans de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci appelle à prendre des mesures pour protéger les femmes victimes de violences sexistes et à prendre en considération leur rôle majeur dans les processus de négociation ou pacification.

Ce rapport s’appuie sur des témoignages recueillis aux quatre coins de la planète. Dans des pays qui s’efforcent de se relever d’une situation de conflit (Libéria, Ouganda), qui sont confrontés à l’occupation (Cisjordanie) ou au déracinement (les Irakiens réfugiés en Jordanie). L’étude s’intéresse également à la Bosnie-Herzégovine, toujours en « rémission » après la guerre, à Haïti, qui doit reconstruire tout un pays, ainsi qu’au Timor oriental. Dans chacun de ces cas particuliers, les femmes ont été ou sont des victimes potentielles, mais sont aussi au cœur du processus de changement.

Apport aux sociétés fragiles

Depuis une dizaine d’années, les organisations internationales et les ONG ont travaillé à associer les femmes à la promotion de la paix, mettant en place diverses actions pour que soit reconnu leur apport aux sociétés fragiles. Elles sont désormais mieux représentées dans les effectifs de police et militaires, ou dans les missions internationales de maintien de la paix, dans une démarche « soucieuse d’équité entre les sexes », précise la résolution 1325.

Pour exemple, le Nigeria a prévu d’envoyer une unité d’officiers exclusivement féminine auprès de la mission de paix au Liberia. L’Afrique du Sud quant à elle, détient un record, avec 17 % d’effectifs féminins dans les missions de paix auprès des Nations unies.

Par ailleurs, la législation internationale s’est raffermie vis-à-vis des crimes sexuels. « Le viol et d’autres formes de violences sexuelles peuvent constituer un crime de guerre, un crime contre l’humanité ou un élément constitutif du crime de génocide ». Une avancée en matière de droit des femmes, désormais codifiée dans les statuts de la Cour pénale internationale (CPI). Et il paraît que la présence de femmes dans les missions de paix de l’ONU facilite la communication avec les victimes de violences domestiques ou sexuelles, selon Kadi Facondo, inspecteur général des forces de police et femme la plus haut-gradée en Sierra Leone.

Priorité éducation et santé

Pour banaliser l’égalité des sexes et la reconnaissance des femmes, l’ONU estime que la priorité doit être donnée à l’encadrement et l’éducation. Ainsi, les femmes officiers de police donnent des cours d’autodéfense aux jeunes filles à Monrovia, au Liberia.

En Afrique de l’Ouest, les femmes sont même souvent organisées en véritables réseaux, comme le Réseau des femmes du fleuve Mano, un mouvement féminin (Prix des droits de l’homme des Nations unies en 2003) qui regroupe des Guinéennes, des Libériennes et des Sierra Léonaises. Mais ces organisations de résistance n’empêchent pas les violences, comme celles survenues en Guinée en septembre 2009, lors des massacres du stade de Conakry où de nombreuses victimes de viols ont été recensées.

À Gaza, des structures médicales d’urgence ont été mises en place sur des initiatives locales, pour les femmes enceintes, trop souvent empêchées d’atteindre les hôpitaux par les check points ou les bombardements. Autre composante majeure des pays, notamment africains, en situation d’instabilité : une prévalence du VIH/Sida accrue. Là encore, c’est l’éducation et le conseil qui doivent primer. Au Liberia, les cellules du planning familial diffusent des messages destinés aux jeunes et recommandant l’usage du préservatif et le dépistage.

« Quand nous parlons de reconstruction, il faut y inclure la reconstruction sociale », estime un ministre haïtien cité dans le rapport. Les femmes et la jeunesse, les plus touchées par les conséquences et les dommages d’un conflit ou d’une catastrophe, seront les moteurs de tout redressement, dès lors qu’on leur rend une place digne au sein de la société et qu’on met à leur disposition les outils nécessaires à l’exploitation de leur potentiel, estime l’UNFPA.
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Consulter le rapport 2010 dans son intégralité ici.

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