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Human Rights Watch dénonce l’enrôlement d’enfants-soldats au Kivu

Un enfant congolais, ancien soldat, dans un camp pour enfants soldats démobilisés. © AFP

L’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch accuse des membres des forces armées congolaises, des miliciens Maï-Maï et des rebelles hutus rwandais de procéder à l’enrôlement systématique et forcé de jeunes dans la région du Kivu.

Selon plusieurs témoignages recueillis par l’ONG Human Rights Watch (HRW) auprès d’agents de la protection de l’enfance, d’enseignants, de dirigeants locaux et de jeunes ayant réussi à s’échapper, la région congolaise du Kivu  – dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) – serait le théâtre d’un vaste recrutement forcé d’enfants-soldats.

« Ils ont décrit le recrutement forcé et illégal de plus de 1 000 jeunes hommes et garçons depuis septembre », dont « au moins 261 » mineurs, qui sont approchés sur le chemin de l’école, chez eux ou dans les champs, indique l’ONG dans un communiqué. « Ceux qui résistent risquent de graves représailles ou même la mort. »

L’enrôlement de ces jeunes serait le fait de différents groupes : d’anciens rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), depuis peu ralliés à Kinshasa et intégrés dans l’armée ; des miliciens congolais Maï-Maï ; et des membres de la rébellion hutue rwandaise des FDLR.

Bosco Ntaganda, nœud du problème

HRW a déterminé que Bosco Ntaganda, ancien chef du CNDP chargé aujourd’hui de faciliter l’intégration des anciens rebelles dans les forces loyalistes, serait parmi les instigateurs de ce recrutement contraint.

D’après des experts onusiens, son rôle d’intermédiaire entre l’armée et l’ex-rébellion lui servirait de couverture pour dissimuler sa véritable attribution : il dirigerait une chaîne de commandement parallèle au sein des Forces armées de RDC (FARDC) et serait le numéro deux des opérations menées depuis 2009 par l’armée contre les rebelles FDLR dans la région du Kivu. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé à son encontre par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d’enfants quand il était milicien en 2002-2003, Bosco Ntaganda bénéficie du « soutien » de Kinshasa, qui refuse de procéder à son interpellation.

« Il est choquant qu’un individu recherché par la CPI puisse continuer de commettre exactement le même genre de crimes dont il est accusé », déclare Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HRW.

L’ONG appelle le gouvernement congolais à « mettre un terme » à ces recrutements et à « arrêter Ntaganda immédiatement, au lieu de se réfugier derrière le prétexte que cet homme serait indispensable au processus de paix ». (Avec AFP)

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