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Vague de tentatives de suicide par le feu en Algérie

Prière sur la tombe d'un jeune tué à Bou-Ismaël, le 9 janvier 2011. © AFP

Au moins quatre tentatives de suicide par le feu ont eu lieu en Algérie ces derniers jours. L'immolation similaire du Tunisien Mohamed Bouazizi, qui a provoqué la chute du régime Ben Ali, est dans tous les esprits.

Le père de famille sans emploi et sans logement qui s’est immolé par le feu samedi, déclaré mort dimanche en fin d’après-midi des suites de ses blessures au service des grands brûlés de l’hôpital Ibn Rochd d’Annaba, serait en fait toujours entre la vie et la mort, selon des sources hospitalières. « Il est en vie mais dans un état critique. Il est sous assistance respiratoire », a déclaré lundi 17 janvier à l’AFP Salah Medjalakh, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital d’Annaba. Mohcin Bouterfi y avait été admis samedi après qu’il se soit aspergé d’essence et se soit transformé en torche humaine, devant la mairie de la ville minière de Boukhadra, à l’est de Tebessa.

Par ce geste désespéré, l’homme entendait « dénoncer l’attitude de mépris affichée à son égard par les élus de cette commune », selon des habitants de la région. Il faisait partie d’un groupe d’une vingtaine de jeunes qui protestaient devant la mairie contre l’attitude de mépris du maire qui refusait de les recevoir. Ils ne demandaient pourtant que des emplois et un logement. Le président de l’Assemblée populaire communale (APC, mairie) a été finalement relevé de ses fonctions par le wali (préfet) de Tebessa, qui s’est rendu dans la journée de samedi sur les lieux.

L’exemple de Mohamed Bouazizi

L’exemple du jeune tunisien Mohamed Bouazizi, dont le suicide en décembre a déclenché la révolte de ses compatriotes et fait tomber Zine el-Abidine Ben Ali, n’est pas isolé. Ni en Tunisie ni en Algérie, où trois autres tentatives de suicide par le feu ont également été enregistrées depuis mercredi, selon l’agence APS et le quotidien privé francophone El Watan.

Ce jour- là, un quadragénaire a tenté de mettre fin à ses jours mercredi en s’immolant lui aussi par le feu dans l’enceinte de la daïra (sous-préfecture) de Bordj Menaïel, dans la région de Boumerdès (50 km à l’est d’Alger), toujours selon El Watan.

Père de six enfants

Désespéré de ne pas figurer dans la liste de bénéficiaires de logements sociaux, ce père de six enfants s’est aspergé d’essence avant d’incendier son corps, a précisé le journal. Mais un employé de la daïra a réussi a éteindre le feu. L’homme a été ensuite admis à l’hôpital de la ville. Ses jours ne seraient pas en danger.

Puis, vendredi soir, un jeune homme de 27 ans s’est également immolé par le feu devant un commissariat de police de la ville de Jijel (300 km à l’est d’Alger), selon le quotidien privé francophone El Watan. Les raisons de son geste – outre le désespoir – ne sont pas encore connues. La victime, Saïd H., s’est apparemment présenté devant le siège de la sûreté urbaine avec le visage, la poitrine et les membres supérieurs en feu, selon la protection civile. Là encore, des policiers sont intervenus rapidement pour éteindre le feu à l’aide d’un extincteur. Le jeune homme a été hospitalisé avec des brûlures au second degré.

Enfin, dimanche, un homme de 34 ans s’est immolé par le feu devant le siège de la sûreté de wilaya (département) de Mostaganem (355 km à l’ouest d’Alger), selon APS. Sans emploi, il s’est aspergé d’essence avant de mettre le feu aux parties inférieures de son corps. Mais des policiers sont aussitôt intervenus pour éteindre les flammes. (Avec AFP)

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