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Eddie Hudanski : « Quand je regarde l’équipe du Cameroun jouer, je suis fier de moi »

Eddie Hudanski a aussi qualifié sa sélection au Mondial des moins de 17 ans, Mexico 2011. © D.R.

Parmi les sélectionneurs présents au Rwanda à la CAN 2011 des moins de 17 ans, Eddie Hudanski, sélectionneur des Diables rouges du Congo-Brazzaville est le seul qui s’occupe en même temps des équipes de cadets, juniors et seniors. Il revient pour Jeune Afrique sur quelques aspects de son travail.

Formateur ou sélectionneur

« Je suis plus passionné par le métier de formateur que par celui de sélectionneur tout court. Sélectionner, c’est travailler une semaine tous les trois mois : ça ne me suffit pas. Formateur dans l’âme, j’ai besoin d’être sur le terrain au quotidien, en particulier avec les plus jeunes. Car, évoluer avec les joueurs seniors, c’est les prendre avec toutes leurs qualités, mais aussi tous leurs défauts. Avec les cadets, en revanche, je participe à une œuvre de construction : je les guide, en essayant de gommer leur défaut, sans nécessairement chercher à leur apporter quelque chose. Le talent, on l’a ou on ne l’a pas. »

Fierté après la réussite

« L’une des plus grandes joies de ce métier, c’est de voir les enfants que l’on prend presque à l’état brut, devenir, au bout de trois à quatre ans, des jeunes sachant jouer au football, ayant un certain état d’esprit et qui pourront ensuite représenter leur pays. Quand je regarde l’équipe du Cameroun jouer, je me dis que tout ce j’ai fait n’est pas inutile. Samuel Eto’o est venu à Brazzaville me remercier, c’est inouï.

Nous avons ouvert le Centre national de formation de football au Congo (CNFF) en 2005 et nous commençons à en récolter les fruits : une première victoire en CAN-Junior, en 2007, un huitième de finale en Coupe du monde-Junior la même année au Canada, une médaille d’or aux Jeux de la Francophonie 2009, à Beyrouth (Liban) et, à présent, une qualification pour la Coupe du monde des moins de 17 ans au Mexique. Si cette réussite est incontestablement gratifiante, ce qui l’est davantage, c’est de voir ces enfants issus du peuple – on ne devient pas footballeur en faisant l’office du curé – arrivent à nourrir tout une famille grâce à ce que nous leur avons appris. »

Impresarios véreux

« Pour moi, la plus grande des contrariétés, c’est de voir certains de ces jeunes partir en cours de formation, sans être totalement prêts, parce qu’un impresario véreux leur a fait miroiter une place au firmament. Achetés en Europe ou ailleurs, ils passent généralement un coup de fil de détresse au bout de six mois, demandant à revenir ; ça fait mal au cœur. Certes les agents de joueur prétendre assurer à nos clubs une certaine visibilité. Ils oublient de dire qu’ils en sortent 1 000 pour une seule réussite. Le pire, c’est qu’il n’y a souvent aucune collaboration entre nous : ils ne rencontrent ni l’entraîneur-formateur, ni la fédération, se contentant de débaucher l’enfant. C’est affligeant. »

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