Fermer

Centrafrique : l’opposition pointe l’absence de décompte des voix dans un quart des bureaux de vote

Par Jeune Afrique

La victoire de Bozizé au premier tour est vivement contestée par l'opposition centrafricaine. © AFP

Malgré l’annonce de la victoire à 66,08 % des voix du président sortant François Bozizé le 1er février, l’opposition continue de dénoncer les résultats du scrutin. L’ex-Premier ministre Martin Ziguélé a affirmé mardi que près de 1 200 bureaux de vote n’auraient pas été comptabilisés par la Commission électorale indépendante.

L’opposition, qui n’a pas cessé de dénoncer des fraudes massives depuis le début du scrutin, a affirmé hier à un correspondant de l’AFP que 25 % des voix n’ont pas été prises en compte dans les résultats rendus publics par la Commission électorale indépendante (CEI). L’ex-Premier ministre Martin Ziguélé a déclaré précisément que « 1 262 bureaux de vote sur les 4 618 » auraient échappé au décompte, ce qui représente entre 400 000 et 500 000 voix.

"Volontairement vicié"

L’opposition réunie autour d’Ange-Felix Patassé (20,10 % des voix), Martin Ziguélé (6,46 %), Emile Nakombo (4,64 %) et Jean-Jacques Demafouth (2,72 %), a rédigé vendredi une déclaration officielle dans laquelle ces derniers affirment que « le scrutin du 23 janvier a été volontairement vicié du fait exclusif du pouvoir et de la CEI ». Par conséquent, ils font part de « leur exigence d’annulation des élections ».

Selon la déclaration rendue public vendredi, les délégués de l’opposition auraient été chassés et interdits d’accès dans les principaux bureaux de vote du pays, donc dans l’incapacité d’accéder aux procès-verbaux. Ils ont donné davantage de précision en accusant le Président de la CEI, Joseph Binguimalé, d’avoir « demandé […] aux présidents des bureaux de vote de ne pas remettre les PV [procès-verbaux, NDLR] à nos représentants et de les lui envoyer en exclusivité, sous peine de poursuite judiciaire à leur encontre ».

Réduits au rang de marionnettes, privés d’une quelconque influence, les représentants de l’opposition auraient assisté, impuissants, à l’annonce des résultats par la CEI. D’où la plainte déposée contre la CEI pour « fraude » et « dérive électorale », selon M. Nakombo.

Attente de validation

En face, le conseiller juridique de la CEI, Barthelemy Morouba se défend en affirmant « qu’il n’y a pas eu de pertes de votes ». « Tous les procès-verbaux ont été acheminés à la CEI et c’est après vérification, que la CEI a décidé » de transmettre « à la Cour constitutionnelle les procès-verbaux de certains bureaux de vote parce que les normes requises par la CEI n’ont pas été respectées », a-t-il ajouté.

De son côté, la Cour constitutionnelle n’a pas encore validé la répartition des voix. L’attente est longue, d’autant plus que les élections, à l’origine prévues en avril 2009, ont été reportées à deux reprises après de nombreuses tergiversations.

L’enjeu principal du scrutin reste le maintien d’une paix durable à l’intérieur du pays entre le pouvoir, l’opposition et les groupes rebelles. Le pays, riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), a été fragilisé par des années de guerre civile avec une population très appauvrie. (Avec AFP)

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici