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Manifestations en Algérie : l’opposition ne cèdera pas, malgré les promesses du gouvernement

Des manifestants réclament le départ du président Bouteflika, le 12 février à Alger. © AFP

En dépit de l’interdiction faite par le pouvoir d’organiser des manifestations dans la capitale algérienne, l’opposition reste déterminée à maintenir la marche prévue samedi 19 février.

Les tentatives d’apaisement se multiplient, du coté de l’Alliance présidentielle en Algérie afin d’éviter un scénario de révolte similaire à celui qui agite plusieurs pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Des « pseudo-solutions », selon la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD, opposition), qui n’empêcheront pas le maintien d’une journée de mobilisation populaire samedi 19 février, a prévenu Fodil Boumala, un de ses membres.

« L’Algérie est vraiment en marche pour un changement. Notre lutte dépasse largement la levée de l’état d’urgence » (promise par le pouvoir « avant la fin du mois de février »), a-t-il déclaré. « La prochaine manifestation de samedi se prépare très bien. Il y a moins de peur », a-t-il argumenté. À Oran également, la CNDC a annoncé une nouvelle manifestation samedi. Celle-ci sera légale, les regroupements étant autorisés dans les autres villes que la capitale.

Le 12 février dernier, les Algériens descendus dans les rues d’Alger n’avaient pas pu manifester, empêchés par 30 000 membres des autorités conformément à la mesure d’état d’urgence en vigueur dans le pays depuis 1992.

Loi antiterroriste

Des émeutes début janvier provoquées par la flambée des prix de denrées alimentaires ont fait cinq morts et plus de 800 blessés. Le risque de dérapage est grand, au regard des événements historiques qui viennent de se dérouler en Égypte et en Tunisie.

« Ce qui est commun à l’Algérie et à ces pays, c’est la nature même des régimes ! », remarque Abdelhamid Mehri, ex-dirigeant du Front de libération nationale (FLN) et ancien ministre et ambassadeur en France (1984-88), dans une lettre adressée au président Bouteflika et publiée jeudi. Ces pays « se prévalent tous d’une façade démocratique clinquante et empêchent en pratique et par de multiples moyens de très larges catégories de citoyens de participer effectivement à la gestion des affaires », affirme-t-il.

Lors d’une réunion mercredi, l’Alliance présidentielle formée de trois partis a voulu se montrer rassurante. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a promis la levée de l’état d’urgence dans les jours à venir, ainsi qu’un train de réformes et de mesures socio-économiques, comme l’avait déjà suggéré le président Abdelaziz Bouteflika le 3 février dernier.

Mais pour l’opposition, le gouvernement « est en train, en même temps, de préparer une loi antiterroriste qui sera peut-être plus dangereuse » (que l’état d’urgence).  (avec AFP)
 

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