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Boris Boillon, le charme de l’ambassadeur de France n’opère pas en Tunisie

Capture d'écran de la vidéo du déjeuner de presse de Boris Boillon. © You Tube

Après l'attitude jugée méprisante du nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, devant des journalistes, les réactions négatives fusent. Comme d'habitude, internet est le fer de lance de la critique. Un appel à manifester sur Facebook a réuni plus de 500 protestataires devant l'ambassade de France.

Des Tunisois avaient lancé un appel sur Facebook pour une manifestation ce samedi devant l’ambassade de France à Tunis avec un seul mot d’ordre : « Boris Boillon, dégage ! » Mobilisation réussie : ils étaient plus de 500 à la mi-journée à manifester pour le départ du nouvel ambassadeur français en Tunisie. « M. Boillon, vous occupez un poste diplomatique et vous n’avez rien d’un diplomate », « dégagez, petit Sarko ! », « Boris dégage ! », « C’est vous qui faites honte à la France », pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants.

Pour un diplomate, c’est un tour de force. Boris Boillon a réussi, en moins de 24 heures, à fortement indisposer l’opinion publique tunisienne. Explication : le fameux « couac » de sa première rencontre avec les médias. Sa nomination unilatérale par la France, le 26 janvier, au moment où la Tunisie attendait la constitution d’un nouvel exécutif, avait déjà profondément agacé aussi bien les milieux politiques que la société civile, qui gardent en mémoire le mutisme puis les hésitations du gouvernement de Sarkozy à prendre position en faveur de la révolution du 14 janvier. Sans parler des liens sulfureux de la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie avec Aziz Miled, homme d’affaires proche de Belhassen Trabelsi, beau frère de l’ex-président Ben Ali – tous deux en fuite.

La première image étant très importante, celle que Boris Boillon a laissé aux Tunisiens n’est pas très flatteuse. Outre les propos abruptes que le nouvel ambassadeur a tenus aux journalistes qui lui posaient des questions délicates (voir la vidéo ci-dessous), son style très sarkozien – même gestuelle saccadée que le président français, même sourire de circonstance et même doigt accusateur pointé dans le vide – a rapidement été assimilé à du mépris.

Service après vente

D’autant que Boris Boillon s’est entêté à parler un arabe oriental laborieux, peu pratiqué par les Tunisiens qui, eux-mêmes, maîtrisent très bien le français. Il a aussi indisposé en évoquant fréquemment les martyrs et en se donnant des allures de responsable de service après vente en insistant sur le « contrat de confiance » avec les journalistes locaux auxquels il propose « d’ouvrir son cœur et ses livres » (sic).

Pas étonnant, dans ces conditions, que les réactions négatives fusent, pas seulement dans l’avenue Bourguiba. C’est encore Facebook et Twitter qui se sont fait les premiers l’écho de l’indignation des Tunisiens. De très nombreuses lettres ouvertes à Boris Boillon circulent, lui rappelant que la révolution tunisienne est d’abord celle de la dignité. Un groupe Facebook nommé « Tous contre Boris Boillon » se mobilise « contre cette nomination honteuse pour la Tunisie ». De son côté, le sociologue et politologue Vincent Geisser déclare que « la France c’est ridiculisée ». Quant à Bertrand Delanoë, il souligne « qu’il faut que la France renoue avec ses valeurs de liberté, égalité et fraternité ».

Voir la vidéo du "dérapage" de Boris Boillon (via leocaysor)

 

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