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De violents combats à Abidjan et dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire

Des habitants passent devant des pneus enflammés dans une rue d'Abidjan, le 24 février. © AFP

Deux zones du pays sont en proie à des combats : les Forces de défense et de sécurité loyales à Laurent Gbagbo sont aux prises avec les Forces nouvelles (proches d’Alassane Ouattara) près de la frontière libérienne et plusieurs quartiers d’Abidjan voient s’affronter les FDS et le mystérieux "commando invisible".

Les Forces de défense et de sécurité (FDS) restées loyales au président sortant Laurent Gbagbo, affrontent depuis ce matin les Forces nouvelles (FN) fidèles à Alassane Ouattara dans l’Ouest du pays, dans la province des Dix-huit montagnes. Tout est parti de l’attaque d’un poste frontière sur la ligne de démarcation avec le Liberia, selon un responsable des FDS qui accuse les FN d’avoir donné l’assaut, entraînant des représailles à Zouan-Hounien, près de la frontière. Il affirme que ses hommes doivent être rejoints par des renforts dans les heures qui viennent.

Du côté des FN, autre son de cloche. Dans leur fief de Bouaké, ils affirment que les FDS ont attaqué en premier et ont perdu près de 80 hommes dans la bataille.

Quoi qu’il en soit, et même si ces chiffres sont difficiles à confirmer pour le moment, ces affrontements sont les plus graves qu’a connus la Côte d’Ivoire depuis le début de la crise postélectorale. « Ces combats sont très inquiétants », confirme Hamadoun Touré, porte-parole de la mission de onusienne de maintien de la paix en Côte d’Ivoire (Onuci). « L’ONU estime que ces combats présentent un risque de redémarrage d’un conflit armé […] qui aurait de graves conséquences pour le peuple ivoirien et toute la sous-région », précise-t-il.

Au cœur de la capitale

Déjà, depuis lundi, de vives tensions se faisaient sentir dans la capitale économique Abidjan. Aujourd’hui de nouveau, des violences y ont éclaté, notamment dans les trois quartiers d’Abobo – bastion d’Alassane Ouattara déjà touché lundi et mardi – de Treichville et Adjamé. Des sources locales ont signalé que les affrontements ont pris fin en début d’après-midi et le calme est revenu.

Les habitants d’Abobo ont déserté leurs maisons, fuyant les combats qui opposaient les forces fidèles à Laurent Gbagbo et un groupe armé baptisé le « commando invisible ». Ce dernier serait composé de « jeunes gens qui n’ont même pas la trentaine. Ils sont torse nu ou en débardeur », selon la description qu’en a fait une habitante.

Le mouvement d’exode, entamé hier, s’est renforcé dans la matinée, après la reprise des violences. Le quartier, surnommé « PK18 est en train de se vider », a confirmé un pasteur en fuite, expliquant que les FDS avaient conseillé aux habitants de partir avant la reprise des combats.

Le gouvernement Gbagbo a accusé les « rebelles », alliés à son rival Alassane Ouattara, de mener une véritable « révolution ». Mais celui-ci a démenti toute implication de ses partisans. (Avec agences)

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