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« La politisation de la jeunesse marocaine est positive », selon le professeur Menouni

Abdeltif Menouni préside la Commission consultative de la révision de la Constitution du Maroc. © Hassan Ouazzani pour J.A.

En exclusivité pour jeuneafrique.com, le professeur Abdeltif Menouni, chargé par le roi du Maroc Mohammed VI de piloter la réforme de la Constitution annoncée par le discours royal du 9 mars, explique les enjeux de sa mission. Le fruit des travaux de la Commission consultative de révision de la Constitution sera remis au souverain d'ici à la fin juin, et le nouvelle loi fondamentale sera soumise à référendum.

Jeuneafrique.com : Quels sont les enjeux fondamentaux de la réforme constitutionnelle ?

Abdeltif Menouni : Le premier enjeu, c’est l’approfondissement de la démocratisation des institutions. Le mandat qui a été conféré à la Commission [consultative de révision de la Constitution] est relativement large. Il ne s’agit pas seulement d’intervenir dans un certain nombre de domaines qui ont été définis par Mohammed VI, mais également, selon le discours royal du 9 mars, de faire preuve d’audace, de faire preuve d’imagination et d’aborder un certain nombre de questions qui n’ont pas été posées par le roi et sur lesquelles nous pouvons intervenir.

Quels sont les axes qui ont été explicitement déterminés par le roi ?

Il s’agit d’abord de l’identité nationale. À ce sujet le discours royal parle de la constitutionnalisation des revendications de l’Instance Équité et Réconciliation (IER) qui, comme vous le savez, avait évoqué un certain nombre de propositions dans ce sens.

Il est également question d’élaborer un certain nombre de dispositions qui permettent aux conventions internationales sur les droits et libertés d’être intégrées dans le droit interne. Un autre point important, c’est celui de la justice. Le roi s’est prononcé pour un approfondissement de la séparation des pouvoirs, en particulier pour un renforcement de l’autorité judiciaire.

Est-ce que le processus de réforme a déjà commencé ?

Oui, c’est un processus qui est déjà entamé et qui s’approfondit. Il s’agit d’une réforme de la Constitution visant la démocratisation des institutions, mais c’est aussi d’une manière générale une réforme de la gouvernance.

Elle s’accompagne d’un certain nombre de manifestations pacifiques qui sont essentiellement le fait de la jeunesse. Je pense que ce mouvement va à la rencontre du processus royal. Et cette rencontre entre les aspirations d’une partie des jeunes et la volonté royale, c’est la condition de la réussite de notre Commission.

Quels seront vos interlocuteurs dans la jeunesse marocaine ?

Il y a des associations de jeunesse qui existent depuis longtemps. Mais nous tenons aussi à aller vers les jeunes qui manifestent pacifiquement, qui forment des associations. Nous sommes en train de les identifier. On va évidemment écouter leur point de vue, c’est très important.

Il y a actuellement un mouvement de politisation de la jeunesse marocaine. Nous estimons pour notre part que ce mouvement est positif, tant qu’il est pacifique. Il ne peut que nous encourager à aller de l’avant. Nous allons écouter le mouvement du 20 février, et d’autres mouvements s’il y en a.

Êtes-vous ouvert à toute personne désireuse de contribuer au débat démocratique ?

C’est une question de principe. Nous devons prendre contact avec eux. Qu’on sache véritablement quelle est leur position. Il n’y a aucune raison pour qu’ils soient exclus des débats, bien au contraire.
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Propos recueillis à Rabat par Nicolas Marmié.

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