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Côte d’Ivoire : les forces pro-Ouattara progressent vers Abidjan

Les forces pro-Ouattara à Bloléquin (ouest de la Côte d'Ivoire), le 28 mars 2011. © AFP

Les Forces républicaines pro-Ouattara ont enregistré une nette progression mardi et se retrouvent à quelque 200 km d'Abidjan, moins de quarante-huit heures après avoir lancé une vaste offensive vers le sud. Les combattants fidèles au président sortant Laurent Gbagbo semblent dépassés par les événements.

Les Forces républicaines (FRCI) soutenant le président élu Alassane Ouattara n’en finissent pas de gagner du terrain en Côte d’Ivoire. Mardi après-midi, elles se sont emparées de la ville d’Abengourou, à 220 km au nord-est d’Abidjan. La prochaine ville sur leur chemin est désormais Akoupé, quelque 50 km plus au sud.

Mais l’avance des FRCI est également remarquable à l’ouest du pays, où elles tentent visiblement de prendre les fiefs du président sortant Laurent Gbagbo, pour empêcher que les partisans de ce dernier n’y organisent une rébellion si Ouattara était installé dans ses fonctions de chef d’État à Abidjan.

Objectif Gagnoa, le fief de Gbagbo

Les FRCI ont en effet enregistré une nette progression dans la région natale de Gbagbo sans rencontrer apparemment de grande résistance. À Daloa (centre-ouest), les membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) pro-Gbagbo ont pris la fuite. Le prochain objectif des partisans de Ouattara semble désormais être Gagnoa, le village même du président sortant. Ils auraient d’ores et déjà pris Bouaflé, à 60 km de Yamoussoukro. Et pour que les choses soient claires, Alassane Ouattara a estimé mardi que les « voies pacifiques » de sortie de crise étaient « épuisées ».

Vu la rapidité de leur progression, les FRCI pourraient arriver avant le week-end aux portes d’Abidjan. Leur percée fait suite à l’offensive générale lancée hier sur trois fronts : Duékoué (ouest), Daloa (centre-ouest) et Bondoukou (est), les trois villes étant désormais tombées entre leurs mains. Dans la nuit de lundi à mardi, les FRCI ont également pris le contrôle de Bondoukou, importante ville de l’est du pays, frontalière du Ghana où les Nations unies se préparent désormais à un fort afflux de réfugiés.

Tirs croisés contre un hélicoptère de l’Onuci ?

L’Onuci a par ailleurs indiqué mardi que l’un de ses hélicoptères avait « essuyé des tirs » des forces pro-Ouattara, lundi lors d’un « vol de reconnaissance » au-dessus de Duekoué (ouest). « Des éléments des Forces républicaines [pro-Ouattara] sont les auteurs de ces tirs qui n’ont pas atteint l’hélicoptère », avait accusé l’Onuci, condamnant « avec la dernière énergie cette attaque contre des Casques bleus qui constitue un crime de guerre ».

Mais les forces pro-Ouattara ont démenti avoir tiré sur l’ hélicoptère. « Nous connaissons très bien les hélicoptères de l’Onuci, nous ne pouvons donc pas tirer sur eux », a déclaré le porte-parole militaire des FRCI, Seydou Ouattara, depuis leur fief de Bouaké (centre). « Cela ne peut venir que des miliciens et mercenaires [soutenant le président sortant Laurent Gbagbo] en débandade dans les forêts », a-t-il ajouté. Autre hypothèse : dans la fureur des combats, les deux protagonistes ont pu prendre pour cible l’hélicoptère, mais comme les FRCI étaient censés tenir la ville, ils ont été désignés comme responsables par l’Onuci… (Avec AFP)

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