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Abdoulie Janneh : « L’État et la planification sont de retour »

Abdoulie Janneh pense que l'Afrique doit suivre la voie de l'économie étatique. © AFP

Le secrétaire exécutif de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique (CEA), le Gambien Abdoulie Janneh, revient pour jeuneafrique.com sur la réunion des ministres de l'Économie et des Finances de l'UA, organisée à Addis-Abeba du 28 au 29 mars. Un événement qui a annoncé le retour de l’État dans la gestion des économies africaines.

Jeuneafrique.com : Quel bilan faites-vous de la quatrième conférence des ministres de l’Économie et des Finances de l’Union africaine ?

Abdoulie Janneh : Pendant deux jours, nous avons rassemblé des ministres de près d’une quarantaine de pays, ainsi que des partenaires des Nations unies comme l’Union européenne, avec la présence de deux commissaires, pour débattre de la gouvernance et du développement en Afrique.

Nous sommes tombés d’accord pour promouvoir davantage les États qui sont capables de planification et de mettre en œuvre des politiques de développement. Je crois c’est le message clair sur le rôle de l’État. Autour se son programme, de sa vision, l’État doit réunir la société civile et le secteur privé pour mobiliser toute la population. C’est comme cela qu’il pourra transformer l’économie africaine. C’était le thème principal et le message très clair de cette réunion.

Mais nous avons aussi discuté d’économie verte. Là aussi, nous avons eu un consensus pour promouvoir les politiques de développement de l’économie africaine dans un cadre qui minimise l’impact sur l’environnement. Là aussi, c’est un message clair : il y a des contraintes, c’est sûr, mais l’Afrique appuie la démarche d’économie verte.

Vous avez annoncé une croissance de 5 % en 2011. Est-ce une performance durable, compte-tenu de la situation en Côte d’Ivoire et en Afrique du Nord, et de la montée du prix de l’essence et des denrées alimentaires ?

Il y a des inquiétudes et des chocs, mais il est encore difficile de mesurer leur impact. J’ai confiance. Cette croissance est durable. Car si l’on regarde les facteurs qui ont un impact sur la croissance et que nous contrôlons, la bonne gestion de l’économie est le facteur clé. Et les États continuent dans cette voie. Et si l’on répond aux problèmes qui sont à la base de toutes les révoltes actuelles, comme l’emploi des jeunes, on évitera d’autres crises.

C’est le grand retour de l’État aux commandes de l’économie. N’est-ce pas surprenant de votre part ?

Non. Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain. Nous sommes conscients des bénéfices restreints des ajustements structurels, nous avons fait suffisamment de livres là-dessus. Le retour de l’État s’appuie sur quelques exemples qui montrent que c’est la voie à suivre, comme l’Éthiopie ou l’Ouganda. La planification, l’État sont de retour. La réunion d’Addis-Abeba est un catalyseur de ce processus.
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Propos recueillis par Jean-Michel Meyer, à Addis-Abeba

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