Nouvelles mutineries de militaires au Burkina Faso, trois blessés par balles

Des étudiants burkinabè manifestent dans les rues de Ouagadougou, le 23 mai 2011. © AFP

De nouvelles mutineries de militaires ont éclaté à Dori (Nord) et dans au moins trois autres villes du Burkina Faso, faisant trois blessés. Depuis lundi, le gouvernement doit en outre faire face à une grève "illimitée" des professeurs de collège et de lycée.

Plus de trois mois après le début des mouvements de révolte au Burkina Faso, le pays n’est pas encore sortie de cette période de trouble.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des militaires d’au moins quatre villes du pays sont à nouveau sortis de leur caserne et ont tiré en l’air en signe de mécontentement pour réclamer des augmentations salariales. Ce fut notamment le cas à Dori, ville située à 260 km au nord-est de Ouagadougou, où « trois personnes ont été blessées par des balles perdues », selon les services médicaux de la ville, qui ont précisé que leurs jours n’étaient pas en danger. Quelques pillages y ont également été signalés durant la nuit.

« Tout est fermé, les marchés et les services publics sont fermés », a indiqué un habitant lundi matin, parlant de rumeurs d’un nouveau mouvement. « Les élèves ont été renvoyés à la maison, la ville est un peu déserte. »

Des militaires sont aussi sortis dans les rues dimanche soir à Dédougou (ouest) et ont tiré en l’air lundi jusqu’en milieu de matinée.

Pillages à Tenkodogo

Le calme est néanmoins revenu lundi à Kaya (nord-est) ainsi qu’à Koupèla et Tenkodogo (est), également en proie à des troubles durant la nuit, ont rapporté des résidents.

À Tenkodogo, les militaires en colère sont allés dimanche soir « casser les magasins d’armes de la gendarmerie » mais n’y ont rien trouvé car les armes avaient été « cachées », selon un officier. Les mutins « ont pris de l’essence chez un détaillant et des voitures et motos de particuliers », dont un véhicule du Haut-commissariat de la province, plus haute autorité administrative locale.

Grève "illimitée"

« C’est pour des questions de prime. D’après les explications que j’ai eues, ce sont des éléments de la classe [promotion] 2006 qui estiment qu’ils ont droit à une prime », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Alain Édouard Traoré, évoquant les événements de Kaya, Tenkodogo et Koupèla. « Mais la hiérarchie [militaire] leur a expliqué qu’ils n’y avaient pas droit », a-t-il ajouté.

Depuis février, la tension ne redescend pas au Burkina. Lundi, les professeurs de collège et lycée, ont lancé une grève « illimitée » pour dénoncer la faiblesse des salaires et les classes surchargées. Des discussions sont en cours entre les syndicats et le gouvernement pour trouver une issue au conflit, alors que le président burkinabè Blaise Compaoré était en visite à Lomé, capitale du Togo, pour un sommet extraordinaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). (avec AFP)