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Sénégal : face aux émeutes, le gouvernement menace de « réprimer avec la dernière énergie »

L'épave d'un véhicule incendié devant l'enseigne de la Senelec, le 28 juin. © AFP

Le gouvernement sénégalais à mis en garde les émeutiers mardi, vingt-quatre heures après les violentes émeutes contre les coupures de courant à Dakar, se disant prêt à employer la force. La venue du président sénégalais Abdoulaye Wade au sommet de l'Union africaine à Malabo semble compromise.

Vingt-quatre heures après les émeutes contre les coupures d’électricité, le gouvernement sénégalais réagit. Mardi soir, le ministre sénégalais de l’Intérieur Ousmane Ngom a affirmé à la RTS (Radio télévision sénégalaise, publique) que « les forces de défense et de sécurité ont été instruites de se déployer partout où besoin sera pour rétablir l’ordre et réprimer avec la dernière énergie et tous les moyens nécessaires ces actes de pillage et de vandalisme ».

Dans la nuit de lundi à mardi, des violences ont blessé au moins quatre personnes à Dakar. Des manifestants avaient bloqué des voies par des barrages de fortune ou des feux, qui ont touché plusieurs bâtiments publics, malgré des interventions par endroits des forces de l’ordre.

Dix agences de la Senelec détruites

Un groupement privé de transporteurs a annoncé trois agents blessés et « 44 bus cassés », tandis qu’un témoin a raconté qu’un gardien d’une résidence a été blessé par des pilleurs, selon des témoignages diffusés par la RTS.

Depuis cinq jours, dix des agences de la Senelec (compagnie nationale d’électricité) ont été détruites à Dakar et ses banlieues, ainsi qu’à Keur Massar, Mbour et Thiès (est de la capitale), selon un responsable de la société.

« Des enquêtes sont déjà ouvertes pour identifier les auteurs et les mettre hors d’état de nuire », a ajouté Ousmane Ngom.

Annulation du déplacement de Wade à Malabo ?

Le président sénégalais Abdoulaye Wade ne devrait pas se rendre au sommet de l’Union africaine à Malabo (Guinée équatoriale), qui doit débuter jeudi, selon des sources concordantes, même si, selon un responsable à la présidence, rien n’est encore arrêté à ce sujet.

Le porte-parole de la présidence, Serigne Mbacké Ndiaye, a également pris la parole mardi soir pour exhorter les populations à circuler « en toute quiétude », assurant que « les forces de sécurité contrôlent et maîtrisent parfaitement la situation ».

Le retrait de la candidature de Wade : nouvelle revendication

Jeudi 23 juin, il avait déjà été la cible d’une manifestation réclamant le retrait de son projet de révision constitutionnelle. Celui-ci prévoyait l’élection simultanée d’un président et d’un vice-président avec un minimum de 25 % des voix au premier tour dès février 2012.

Le projet a depuis été retiré, mais mardi soir, le « Mouvement du 23 juin », coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile, a appelé à la poursuite des manifestations contre la candidature d’Abdoulaye Wade en 2012. Cette revendication est reprise par d’autres membres de la société civile, dont les chanteurs Youssou Ndour et Didier Awadi. (avec AFP)

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