Libye : les Occidentaux inquiets d’un éventuel trafic d’armes au profit d’Aqmi

Par Jeune Afrique

Le ministre espagnol de l'Intérieur, M. Rubalcaba et son homologue américaine, Janet Napolitano. © Pierre-Philippe Marcou/AFP

Le trafic présumé d’armes entre l’armée libyenne et les terroristes d’Aqmi inquiète les ministres européens de l’Intérieur, réunis ce jeudi à Madrid.

« La crise en Libye a une influence sur Al-Qaïda au Maghreb islamique [Aqmi] », s’est inquiété l’Espagnol Alfredo Perez Rubalcaba lors d’une réunion entre les ministres de l’Intérieur européens du G6 (composées de six grandes puissances europénnes : Espagne, France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne et Pologne) et leur homologue américaine à Madrid, ce jeudi.

Les craintes de ces Occidentaux concernent le trafic d’armes présumé entre l’armée libyenne et les terroristes d’Aqmi. « Le trafic d’armes à la frontière entre la Libye et le Mali est probablement en train d’assurer un approvisionnement en armes d’un certain niveau de sophistication », a souligné M. Rubalcaba.

Risques d’extension d’activités terroristes

Le président tchadien Idriss Déby Itno avait, dès le mois de mars, exprimé ses inquiétudes quant à l’armement des terroristes dans la région, suite à la révolution libyenne. « Ce qui m’inquiète, c’est ce qui se passe aujourd’hui en Libye et les risques d’implosion de ce pays, déclarait Déby. Les islamistes d’Al-Qaïda ont profité du pillage des arsenaux en zone rebelle pour s’approvisionner en armes, y compris en missiles sol-air ». Le chef de l’État du Tchad avertissait : « Aqmi est en passe de devenir une véritable armée, la mieux équipée de la région. »

Un argument repris par le ministre de l’Intérieur espagnol. « Si on ne fait rien, Aqmi peut en profiter pour s’étendre et par conséquent les risques pour l’Europe et les États-Unis peuvent s’accroître », a-t-il argumenté.

Les ministres européens, en concertation avec la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure Janet Napolitano,  se sont donc accordés sur la nécessité d’organiser une réunion conjointe sur le Sahel, avec leurs homologues des Affaires étrangères et les États-Unis. Autre mesure évoquée : établir une stratégie commune avec l’Union africaine, afin de lutter plus efficacement contre Aqmi.

Si l’organisation terroriste a l’habitude d’agir dans les pays du Sahel, notamment au Mali, en Mauritanie, au Niger et en Algérie, elle reste active en dehors de ces États. Les ministres européens refusent donc d’écarter « la possibilité qu’ [Aqmi] sorte de son environnement naturel », sachant que des attentats ont déjà été revendiqués hors de ces territoires. (Avec AFP)