Cameroun : report du recrutement des 25 000 diplômés dans la Fonction publique

Écrit par Leyla Doup Kaïgama

Le président Paul Biya (ici avec son épouse) est la cible de la colère du RJC. © AFP

Le Rassemblement de la jeunesse camerounaise (RJC), une association de jeunes, porte plainte pour abus de confuiance contre l'État camerounais. Motif : le report de la publication des listes des 25 000 nouvelles recrues dans la Fonction publique.

À la veille de la fête de la jeunesse, le président Paul Biya a fait miroiter un cadeau aux yeux des jeunes Camerounais. Le 10 février dernier, le chef de l’État a promis de faire recruter 25 000 jeunes diplômés dans la Fonction publique au plus tard avant le mois de juin. Étaient donc concernés, tous les Camerounais âgés au plus de 40 ans, ayant reçu une formation primaire, secondaire ou universitaire, vivant au Cameroun ou à l’étranger. La phase des dépôts de dossiers a été lancée en mars dernier.

Le calendrier initial prévoyait donc « la publication des listes des présélectionnés le 2 mai 2011, l’affectation des présélectionnés le 10 juin 2011, le début de prise en charge des recrutés le 27 juin 2011 ». Mais cette programmation n’a pas été respectée.

Paul Biya tenu pour responsable

Le 30 juin dernier, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Emmanuel Bondé, annonce que la publication des résultats ne se fera pas avant le 31 décembre prochain. Bondé dresse les motifs de ce report : erreurs volontaires ou involontaires des candidats lors du remplissage des fiches, cas de fraudes comme par exemple des changements d’âge, des substitutions d’identité ou des utilisations de double identité.

Le lendemain de cette annonce, le 1er juillet 2011, le RJC dépose une plainte pour abus de confiance contre l’État du Cameroun au cabinet du président de la Cour suprême. Dans la plainte, le porte-parole du RJC écrit : « Les jeunes se sont échinés, et malgré le chômage certains se sont endettés pour constituer les dossiers sans compter des journées entières passées au soleil pour le dépôt desdits dossiers. Certains sortaient à 3 heures du matin avec tous les risques d’insécurité. Nous en tenons le chef de l’État pour responsable. »

Par ailleurs, le ministère de la Fonction publique avait prévu, toujours pour cette année, un recrutement de 13 000 fonctionnaires. Mais Emmanuel Bondé s’est voulu rassurant, il a annoncé que les deux programmes de recrutement restent valables et que toutes les nouvelles recrues seront prises en charge par le ministère des Finances.

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