Inondations meurtières au Ghana : les mines illégales montrées du doigt

Par Jeune Afrique

Les inondations sont récurrentes dans cette région du Ghana. © AFP/Archives

Des pluies torrentielles ont frappé la région orientale du Ghana. Quatre personnes ont péri et 10 000 autres ont été déplacées. Le gouvernement accuse l’exploitation minière illégale.

Comme presque chaque année au Ghana, des pluies torrentielles ont fait sortir de son lit le fleuve Birmin, situé dans la région orientale. Plusieurs villages des districts d’Atiwa, de Kade et de Fanteakwa ont été inondés.

Quatre personnes ont péri et 10 000 autres ont été déplacées et hébergées temporairement dans les écoles et les églises, selon le coordinateur régional des secours ghanéens,  Ransford Owusu Boateng.

En visite, lundi, dans les zones sinistrées, le président ghanéen, John Evans Atta Mills, a affirmé sa détermination à lutter, avec les communautés, contre l’exploitation minière illégale, accusée par les autorités d’avoir causé le débordement du fleuve Birmin.

Les miniers clandestins, connus localement sous le nom de « galamsey », exploitent de nombreux sites dans la région sinistrée, où des éboulements mortels se sont déjà produits.

"Ils ont détourné le cours de la rivière"

« En plus de creuser dans tous les sens, les [mineurs illégaux] ont aussi bloqué le passage de la rivière et détourné son cours pour nettoyer les métaux extraits », a déclaré le coordinateur de l’Organisation nationale de gestion des catastrophes du Ghana (NADMO), Kofi Portuphy, à l’agence Reuters.

Les autorités ont par ailleurs promis de prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’exploitation minière, déjà interdite, dans la région. Des programmes de secours et d’évacuation d’urgence été mis en place pour les communautés touchées.

Les dernières inondations dans le pays datent de 2010. Elles avaient causé la mort de 17 personnes et détruit des centaines d’hectares de terres arables. Le porte-parole de la NADMO, Nicholas Mensah, avait alors mis en cause l’ouverture des vannes du barrage de Bagré, dans le sud du Burkina Faso, qui aurait « aggravé » la situation au Ghana, frappé par de fortes pluies. La Société nationale d’électricité du Burkina, qui gère ce barrage sur le fleuve Volta, avait nié toute implication dans la catastrophe.

Les services météorologiques ont alerté sur les risques de montée des eaux dans le sud du pays pour les prochains jours.

(Avec agences)

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici