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Syrie : le ministère de la Défense victime d’une cyber-attaque

Écrit par Mathieu Olivier

Le site du ministère de la Défense hacké par le groupe Anonymous. © DR

Le site internet du ministère de la Défense a été piraté ce lundi matin. Durant quelques heures, il s'est retourné contre le régime de Bachar al-Assad en diffusant des messages hostiles au pouvoir. Le responsable de l'attaque ne serait autre que le groupe Anonymous, qui a déjà sévi en Tunisie ou en Egypte.

Le groupe Anonymous a semble-t-il encore frappé. Ce matin, pendant quelques heures, le site du ministère de la Défense syrien a été victime d’un piratage. En lieu et place de sa page d’accueil habituelle, la plate-forme diffusait des vidéos de la répression de l’armée contre les manifestants ainsi que des liens renvoyant vers des sites de l’opposition, comme la page Facebook « The Syrian Revolution 2011 ». Egalement présent : un drapeau syrien, arborant en son centre le logo des Anonymous.

"Le monde entier se dresse avec vous"

Cette fois, pendant quelques heures, le groupe d’activistes a surtout cherché à diffuser deux messages. Le premier est adressé « au peuple syrien ». « Le monde entier se dresse avec vous face au régime brutal de Bachar al-Assad » assurent ainsi les pirates informatiques. Et d’ajouter : « Les tyrans utilisent la violence parce qu’ils n’ont rien d’autre.  Ils finiront par tomber, et grâce à votre courage, Bachar Al-Assad sera le suivant. »

La seconde déclaration est quant à elle destinée aux militaires « chargés de protéger le peuple syrien » et appelés à défendre le pays et à se révolter contre le régime car « aucun ennemi extérieur ne pouvait faire autant de mal à la Syrie que Bachar al-Assad. »

Attaque préméditée

Les Anonymous avaient déjà fait parler d’eux en dérobant des documents à l’Otan ou encore en prenant fait et cause pour le site Wikileaks à travers des attaques contre les sites Mastercard et Visa fin 2010. Ils avaient également pris part, à leur manière, à la révolution arabe en lançant des opérations en Tunisie puis en Egypte.

Début juin, le réseau, qui se dit non organisé et spontané, avait menacé la Syrie d’attaques informatiques, et lancé l’ « opération Syrie », intitulée « #OpSyria » sur le réseau social Twitter. L’objectif était alors de « démanteler les sites du gouvernement ».

Coïncidence, ou moment délibérément choisi ? La question peut se poser puisque cette attaque est survenue alors même que Bachar al-Assad nommait son nouveau ministre de la Défense, le général Ali Habib. Quoiqu’il en soit, la réussite est au moins temporaire, semble-t-il, puisque le portail numérique du ministère de la Défense syrienne est, à cette heure, toujours inaccessible.

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