Fermer

Mali – Mauritanie : Aqmi de retour dans la forêt de Wagadou

Écrit par Baba Ahmed, à Bamako

Aqmi a profité du retrait des armées malienne et mauritanienne. © AFP

Donnée complètement "propre" par les militaires maliens et mauritaniens jusqu’à une date récente, la forêt de Wagadou est plus que jamais occupée par AQMI. Un retour spectaculaire dû à l'aspect stratégique de la zone pour le combat des islamistes.

La rumeur qui circulait depuis une semaine dans les villages périphériques de la forêt de Wagadou est désormais confirmée par des sources sécuritaires maliennes. Moins de deux mois après l’attaque du 24 juin 2011 des armées mauritaniennes et maliennes dans cette zone [lire ici : « Le Mali en simple spectateur », NDLR], les djihadistes sont revenus à la charge.

« Il y a une semaine, les bergers nous ont fait état de la présence de plusieurs voitures des éléments d’Aqmi dans la forêt de Wagadou. Mais c’est le samedi 6 Août 2011 que j’ai eu personnellement la certitude qu’il s’agit bien des éléments d’Aqmi » nous confie une source sécuritaire malienne en poste à la frontière MaliMauritanie. Qui ajoute : « Les informations reçues nous font état de la présence de trois groupements des djihadistes, mais je ne peux pas vous dire le nombre exact de ces éléments ».

Couverture naturelle

Le retour des islamistes dans la zone peut s’expliquer par plusieurs raisons. La plus évidente est que la forêt est stratégique : elle sert de couverture naturelle aérienne et terrestre. Les satellites ou les drones ne peuvent pas y repérer les éléments d’Aqmi et l’accès par la voie terrestre y est difficile.

Une autre raison – et non des moindres – est le retrait des deux armées mauritanienne et malienne. La première s’est placée à la frontière, près dans la localité de Bassikounou, en territoire mauritanien. Quand à la seconde, après quelques semaines de patrouille dans la zone, elle a vu une une grande partie de ses effectifs de la forêt de Wagadou regagner Bamako depuis quelques jours. «  En ce moment, beaucoup de nos soldats son en stage de formation pour quelques mois, ce qu’on appelle dans notre jargon « le peloton », confie une source militaire à Bamako. Une partie des militaires est donc revenue dans la capitale pour le peloton ou pour occuper les postes de ceux qui sont allés ».

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici