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Mercato : « Il faut respecter le choix d’Eto’o » de partir à Anzhi, dit Mboma

Samuel Eto'o sous le maillot de l'Inter Milan, le 15 mars 2011 à Munich. © K. Joensson/AP/SIPA

Samuel Eto’o, un des meilleurs attaquants de la planète, s’est engagé avec le club russe d’Anzhi Makhachkala pour trois ans et 60 millions d’euros de salaire, devenant le joueur le mieux payé au monde. Patrick Mboma, l’ancien coéquipier du capitaine des Lions Indomptables du Cameroun, et l'agent de joueurs Boulanouar Hocini, nous donnent leur sentiment sur un des plus gros transferts du mercato.

L’Inter Milan a fait ses comptes. Le transfert de Samuel Eto’o (30 ans) à l’Anzhi Makhachkala (Russian Premier League) doit lui rapporter 27 millions d’euros et quelques bonus en guise d’indemnités, et lui fera aussi économiser les 30 millions d’euros de salaire qu’il aurait fallu verser au joueur jusqu’au 30 juin 2014, date de la fin de son contrat.

Certains joueurs milanais, excédés des « caprices » de la star camerounaise, ne sont pas mécontents de voir Eto’o s’exiler au Daguestan. Le capitaine des Lions Indomptables entretient également des relations assez fraîches avec son ex-entraîneur Gian Piero Gasperini. Quant au président intériste, Massimo Moratti, il a refusé à Eto’o une augmentation de son salaire annuel net de 10,5 à 12 millions d’euros.

Boulanouar Hocini : "L’image de Eto’o risque d’en prendre un coup"

Boulanouar Hocini, l’agent algérien qui a notamment sous contrat Madjid Bougherra et Karim Ziani, n’est pas étonné par le relatif peu d’intérêt des grands clubs européens pour Samuel Eto’o. « Avec le prochain fair-play financier, les clubs font davantage attention, même pour un des meilleurs attaquants de la planète », explique-t-il. « Il y a aussi la question de l’image. Eto’o est un bon mec, intelligent, mais il a parfois des relations difficiles avec ses coéquipiers. Cela a peut-être fait réfléchir certains présidents. Je pensais que le Paris Saint-Germain (PSG) s’intéresserait plus à lui, maintenant que le club dispose de gros moyens. En signant en Russie, Eto’o va passer pour quelqu’un qui pense surtout à l’argent, et son image risque d’en prendre un coup… »

A.Bi.

"Pourquoi Eto’o devrait-il faire plaisir aux gens ?"

Il y a trois ans, Eto’o avait déjà refusé une offre de 40 millions d’euros (pour une seule saison !) émanant du FC Bunyodkor (Ouzbékistan). Cette fois, il est clair aux yeux de tous qu’il a d’abord effectué un choix financier. « C’est une évidence pour tout le monde. Ce n’est pas avec Anzhi Makhachkala qu’il va remporter la Ligue des Champions, alors qu’il voulait à nouveau la gagner » [il l’a remportée avec Barcelone en 2006 et 2009 et avec l’Inter en 2010, NDLR], constate l’ex-international camerounais Patrick Mboma. « C’est un choix qui lui appartient, et il faut le respecter. Pourquoi Eto’o devrait-il faire plaisir aux gens en restant à l’Inter ou en signant à Manchester City ? Partout où il est passé, à Mojorque, à Barcelone ou à l’Inter, il a rendu des services. Il a trente ans, et il a la possibilité de gagner beaucoup d’argent. »

Mboma avoue cependant qu’il n’aurait pas suivi la même voie que Eto’o. « Soixante millions d’euros sur trois ans, cela fait réfléchir. Mais personnellement, en jouant à l’Inter Milan et en ayant la possibilité d’aller à Manchester City, je n’aurais pas fait le choix d’aller dans un club russe, finalement moyen. Cela aurait été le CSKA Moscou, qui joue la Ligue des Champions régulièrement, j’aurais à la limite mieux compris le choix sportif… »

Un nouveau cadre de vie

Patrick Mboma s’interroge aussi sur le cadre de vie qui attend Eto’o qui, comme les autres joueurs du club, résidera à Moscou dans une villa de près de 900 m² en raison de la dangerosité de Makhachkala, la capitale du Daguestan, une république au bord de la guerre civile. « J’imagine que le président d’Anzhi [le multi-milliardaire Suleyman Kerimov, NDLR] lui a bien vendu son projet, en lui promettant, outre son salaire, un jet privé… J’espère vraiment qu’il saura s’adapter et qu’il ne sera pas victime de manifestation racistes. (…) Peut-être que le Brésilien Roberto Carlos, qui joue à Anzhi, l’a rassuré sur les conditions de vie en Russie et sur l’aspect financier. Eto’o a fait un choix difficile, j’espère qu’il ne le regrettera pas… », conclut Mboma.
 

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