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Côte d’Ivoire : 128 militaires et civils pro-Gbagbo inculpés pour 22 chefs d’accusation

Écrit par André Silver Konan

Laurent Gbagbo et son épouse Simone lors de leur arrestation à Abidjan, le 11 avril 2011. © AFP

Les enquêtes préliminaires sur les évènements postélectoraux en Côte d’Ivoire ont permis à ce jour d’inculper au moins 128 militaires et civils, pro-Gbagbo, y compris l’ex-couple présidentiel. Pas moins de vingt-cinq chefs d’accusation sont retenus contre eux.

Jeudi dernier, Laurent et Simone Gbagbo ont été inculpés, dans le cadre de la procédure civile conduite par le procureur Simplice Kouadio. Cinq chefs d’accusation ont été retenus contre les anciens dirigeants de la Côte d’Ivoire : « vol aggravé, détournement de denier public, pillage, concussion et atteinte à l’économie nationale ». Le médecin personnel du couple a été inculpé pour les mêmes faits présumés, ainsi que vingt et une autres personnalités pour la plupart des anciens ministres du gouvernement Aké N’Gbo, lui-même inculpé.

"Atteinte à la sûreté de l’État"

L’enquête pour « atteinte à la sûreté de l’État » a conduit à l’inculpation de trente personnes, dont dix-huit sont déjà inculpées pour les faits présumés cités plus haut, et douze du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Gbagbo), notamment le président de cette formation politique, Pascal Affi N’Guessan.

"Crimes de sang", enquête en cours

Les enquêtes pour « crimes de sang » se poursuivent également. Selon le procureur Simplice Kouadio, c’est la raison pour laquelle, l’ex-couple présidentiel n’a pas (encore) été inculpé pour ce chef d’accusation. Mais Paul Koffi, journaliste politique ivoirien, a une autre explication. « La Cour pénale internationale qui a diligenté fin juin une mission d’évaluation en Côte d`Ivoire, se verra compétente pour traiter ces infractions graves », commente-t-il.

En attendant, le procureur Kouadio poursuit dix-neuf militaires et miliciens pour « enlèvement, séquestration et assassinat » d’Yves Lambelin et ses compagnons, d’une part, et, d’autre part, du colonel major à la retraite Dosso Adama. Le général Dogbo Blé est poursuivi dans le cadre des deux affaires.

Volet militaire

Concernant le volet militaire, les enquêtes conduites par le commissaire du gouvernement Ange Kessy Kouamé, ont permis à ce jour d’inculper soixante-quatre militaires dont quarante sont en détention préventive. Parmi ces derniers, encore et toujours le général Dogbo Blé. Tous doivent répondre à au moins treize chefs d’accusation : « achat illégal d’armes, arrestation arbitraire, détention arbitraire, séquestration, meurtre, recel de cadavre, viol, vol, violation de consignes, détournement de fonds, recrutement de mercenaires, formation et entretien de miliciens, assassinat », mais aussi pour « détournement de fonds » à l’école de police.

Aux 128 militaires et civils inculpés à ce jour, pour au moins vingt-deux chefs d’accusation, viennent s’ajouter dix mandats d’arrêt internationaux, notamment contre Charles Blé Goudé, le leader des jeunes patriotes.

 

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