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Syrie : seul contre tous, Bachar al-Assad déterminé à rester

Par Jeune Afrique

Dimanche soir, le président syrien Bachar el-Assad interviewé par la télévision d'Etat. © AFP

L'étau se resserre autour du dirigeant syrien, Bachar al-Assad, qui semble avoir perdu toute légitimité sur la scène internationale.

« En nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeurs. » C’est la nouvelle politique du président syrien Bachar al-Assad, qui préfère ignorer l’opposition qu’il suscite sur la scène internationale.

L’intervention dimanche soir à la télévision d’État du dirigeant alaouite avait pourtant tout d’une réaction aux propos tenus jeudi par le président Barak Obama, qui pour la première fois a explicitement appelé Bachar al-Assad à partir.

Mais le président syrien semble plus que jamais déterminé à rester en place. Et malgré la violente répression du mouvement de contestation sociale lancé le 15 mars, al-Assad tient plus que jamais à réaffirmer sa légitimité, jouant, comme l’usage le veut, de la carte de l’ingérence étrangère : « de tels propos ne doivent pas être tenus à l’égard d’un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n’a pas été installé par l’Occident, un président qui n’est pas fabriqué aux États-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l’étranger ».

Mais le président a tout de même fait état de quelques nouvelles réformes entreprises par son gouvernement : des élections locales devraient avoir lieu en décembre, tout comme le pouvoir prévoit l’organisation d’ici quatre à huit mois de nouvelles élections législatives,  afin de permettre aux partis de se constituer et d’avoir le temps de faire campagne.

Crimes contre l’humanité

Mais ces réformes n’ont pas empêché l’ouverture lundi matin d’une session extraordinaire du conseil des droits de l’homme de l’ONU, sur la crise en Syrie. Objectif : mettre sur pied une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les exactions à l’encontre de la population civile.

La procédure, peut fréquente, a été lancée par 23 pays membres, dont quatre pays arabes du Conseil, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweït. Silencieux au début de la crise, ses trois derniers ont depuis rappelé leur ambassadeur à Damas. Par ailleurs, la situation en Lybie ne doit pas laisser le régime indifférent puisque l’ambassade de Lybie à Damas vient quant à elle de rallier le CNT.

Un projet de résolution « condamne avec force les persistantes et graves violations des droits de l’homme de la part des autorités syriennes » et les appelle « à cesser immédiatement tous les actes de violence contre la population ».

Le texte demande également « l’envoi urgent d’une commission d’enquête indépendante  » sur place pour « mener des investigations sur les violations des droits de l’homme en Syrie depuis le mois de mars » et « identifier les auteurs pour s’assurer qu’ils puissent être tenus responsables ».

Une mission d’experts mandatée par le Haut commissariat aux droits de l’homme a déjà dressé dans un rapport révélé jeudi un inventaire d’atrocités commises par les forces de sécurité syriennes, pouvant être considérées comme des crimes contre l’humanité et passible d’une saisine de la Cour pénale internationale. Mais Bachar al-Assad a indiqué qu’il existait en Syrie une commission d’enquête indépendante.

« Un nombre limité de personnes ont déjà été jugées sur la base de preuves irréfutables. Le principe est que quiconque, qu’il soit militaire ou civil, ayant commis un crime contre un citoyen sera jugé sur la base de preuves. Nous n’innocenterons pas un coupable et nous ne condamnerons pas un innocent », a-t-il dit. Plus de 2.000 personnes ont été tuées par les forces du régime depuis le début de la répression le 15 mars.

Embargo sur le pétrole ?

Mais d’après des sources diplomatiques, des mesures européennes visant le secteur pétrolier, notamment un embargo sur l’importation de pétrole brut syrien, pourraient être annoncées dès mardi. L’Europe achète 95% du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays.

« Malgré les bonnes relations économiques que nous avons avec l’Europe, nous avons d’autres alternatives. On s’est orienté vers l’Est et nous continuerons à le faire », a sobrement commenté Al Assad, confiant.
 

(avec AFP)

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