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Des centaines de combattants touaregs pro-Kadhafi rentrent au Niger et au Mali

Des Touaregs, combattants de Kaddafi, le 22 juillet 2011 à Agadez (Niger). © AFP

Avec la défaite des troupes de Kadhafi, des centaines de combattants touaregs qui lui avaient fait allégeance, commencent à rentrer au Niger et au Mali. Un retour qui pourrait menacer directement la stabilité de la région du Sahel. 

La fin de la guerre en Libye n’est pas forcément une bonne nouvelle pour ses voisins du Sahel. Des centaines de combattants touaregs, partis du Mali et du Niger pour épauler le « Guide » libyen dans les combats, ont abandonné le front face à l’avancée des rebelles. Ils sont maintenant de retour au pays, armés et expérimentés.

« C’est la plus grande inquiétude aujourd’hui, le retour de ces militaires » a déclaré M. Maïga, responsable de l’ONG malienne « Stop la guerre ». « Ils sont pourchassés en Libye, parce que étiquetés comme « pro-Kadhafi ». (…) Ils arrivent en convois de véhicules et avec des armes », ajoute-t-il, estimant que  « c’est une menace pour tous les pays du Sahel ».

Selon une source sécuritaire, en plus des combattants qui se sont enrôlés dans les troupes de Kadhafi au début de l’insurrection en février, le Mali et le Niger enregistrent aussi le retour de Touaregs qui avaient migré il y a plus longtemps et obtenu la nationalité libyenne.

2000 membres de troupes d’élite

Suite à la résurgence de conflits dans leur pays d’origine dans les années 1990 et au début des années 2000, plusieurs de milliers d’entre eux avaient fuit vers la Libye et la plupart avait ensuite intégré les rangs de l’armée nationale. Différentes sources les estiment à plus de 2 000 membres de troupes d’élite.

Leur rapatriement inquiète les autorités maliennes et nigériennes ainsi que celles des pays voisins.  « Que vont devenir ces combattants ? Ils ont des véhicules, des armes et de l’expertise. C’est dangereux », estime Mamadou Diallo, enseignant à l’université de Bamako.

Et pour cause, leur retour peut profiter à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). L’organisation terroriste, qui sévit dans la région du Sahel, a récemment revendiqué un double attentat suicide, qui a causé la mort de 18 personnes à l’Académie militaire de Cherchell en Algérie.

Une partie de l’armement de Kadhafi pourrait ainsi tomber entre les mains de la nébuleuse djihadiste, faisant de la région une véritable poudrière. (avec AFP)

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