Kenya : les violences postélectorales étaient planifiées selon la CPI

Par Jeune Afrique

L'ancien ministre kenyan de l'Education William Samoei Ruto devant la CPI à La Haye le 1er septembr © AFP

Deux anciens ministres kenyans sont accusés par la Cour pénale internationale d’avoir planifié en amont les crimes contre l’humanité, qui ont eu cours dans le pays suite aux élections controversées de 2007.

Deux anciens ministres kenyans sont accusés par la Cour pénale internationale d’avoir planifié en amont les crimes contre l’humanité, qui ont eu cours dans le pays suite aux élections controversées de 2007.

Les deux hommes avaient planifié les violences postélectorales, en 2007 et 2008. C’est en tout cas la certitude de la Cour pénale internationale, qui accuse deux anciens ministres, William Ruto et Henry Kosgey, ainsi qu’un présentateur de radio, Joshua Arap Sang, de crimes contre l’humanité. « Les crimes ont été préparés et planifiés bien avant les élections » de décembre 2007, a déclaré le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.

"un plan criminel pour s’emparer du pouvoir"

A l’ouverture de l’audience de confirmation des charges jeudi, préalable à l’organisation d’un éventuel procès, qui devrait durer jusqu’au 12 septembre, Henry Kosgey, l’ancien ministre kenyan de l’Industrialisation et Wiliam Ruto, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur et candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2012, ont été accusé par la CPI d’avoir « mis en place un plan criminel pour s’emparer du pouvoir », aux mains du Parti de l’Unité nationale (PNU), à partir de décembre 2006.
Avec, en 2007, « au moins huit réunions consacrées à la planification de ces attaques, ils ont organisé le stockage et la distribution des armes, coordonné le transport pour les agresseurs, ils ont promis de l’argent, des terres et des récompenses pour la participation aux attaques », a poursuivi Luis Moreno Ocampo.

"C’était mauvais"

Les trois suspects, accusés de meurtre, transfert forcé de population et persécution, constitutifs de crimes contre l’humanité, sont membres du Mouvement démocratique orange (ODM), camp du Premier ministre du gouvernement de coalition Raila Odinga. Ils assistaient tous trois libres à l’audience, clamant leur innocence.
« Ce qui s’est passé en 2007 a été un coup dur pour beaucoup de Kenyans et surtout pour moi : dans ma circonscription, beaucoup de personnes qui étaient mes propres partisans sont mortes », a déclaré Wiliam Ruto, en début de soirée jeudi. « Ce qui s’est passé en 2007-2008, c’était quelque chose de néfaste, c’était mauvais », insistait-il auprès des juges. Auparavant, la défense du ministre avait dénoncé une « enquête entachée d’erreurs », soulignant que « M. Ruto estime n’avoir fait aucun mal »

Procédure contestée par Nairobi

Mardi, la CPI avait annoncé, en appel, la recevabilité de la procédure intentée contre eux et contestée par Nairobi, tout comme celle engagée contre trois proches du président Mwai Kibaki. La confirmation des charges à l’encontre d’Uhuru Kenyatta, vice-Premier ministre, ministre des Finances et candidat potentiel à la présidentielle de 2012, Francis Muthaura, le bras droit du président Kibaki, et Mohammed Hussein Ali, chef de la police à l’époque des faits, fera l’objet d’une seconde audience, qui se déroulera du 21 septembre au 11 octobre.

Les noms de ces six Kenyans avaient été révélés le 15 décembre 2010 par le procureur de la CPI.

Selon l’accusation, lors des violences postélectorales qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki en décembre 2007, face à Raila Odinga, 1133 personnes avaient été tuées, 3561 blessées et 663 921 autres déplacées.

(Avec AFP)
 

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