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Affaire Bourgi : Le Pen financé par Omar Bongo ?

Par Jeune Afrique

Marine et Jean-Marie Le Pen, le 10 septembre 2011 à Nice, désormais dans le viseur de Me Bourgi. © Valery Hache/AFP

Après Jacques Chirac et Dominique de Villepin, c’est désormais Jean-Marie Le Pen qui est visé par l'avocat franco-libanais Robert Bourgi. Ce dernier l'accuse d'avoir financé sa campagne présidentielle de 1988 en partie avec des fonds du président gabonais, feu Omar Bongo. L'ancien leader du Front national dément catégoriquement.

Mis à jour à 22h35

En véritable tonton flingueur de la politique française, Robert Bourgi continue d’aligner ses « révélations » sur la Françafrique. Et ses victimes. Après avoir mis en cause, dans une interview au Journal du Dimanche du 11 septembre, Jacques Chirac et Dominique de Villepin, Robert Bourgi a affirmé lundi soir sur BFM TV que l’ancien président du Front National Jean-Marie Le Pen avait financé une partie de sa campagne présidentielle de 1988 avec de l’argent que lui avait remis l’ancien président gabonais Omar Bongo. « Je le dis aujourd’hui, je n’aime pas faire parler les morts, M. Jean-Marie Le Pen a été reçu par le président Bongo et le président Bongo a financé la campagne électorale de M. Jean-Marie Le Pen en 1988 »

« J’affirme aujourd’hui que M. Jean-Marie Le Pen, avec le discours xénophobe et raciste qui est le sien, a fait le détour de Libreville et d’Abidjan avant les élections présidentielles de 1988 », a insisté Bourgi. « Peu de Français savent que ce raciste et ce xénophobe était allé à Libreville et à Abidjan. (…) Et le président Bongo m’a dit, moi, et M. Foccart était présent, s’adressant à M. (Jacques) Foccart il lui a dit "doyen", comme tout le monde l’appelait, "le Le Pen il a été content de partir avec l’argent d’un nègre" », a ajouté Bourgi.

Jean-Marie Le Pen rejoint donc au banc des « accusés de Bourgi » une bonne partie des hommes politiques influents de la cinquième République. L’avocat raconte ainsi une conversation qu’il aurait eue avec Jacques Foccart, « inventeur » des réseaux de la Françafrique. « Il m’a dit que ces pratiques existaient même du temps de Pompidou, Giscard d’Estaing et Mitterrand », explique-t-il.

Premier cercle

Un peu plus tôt lundi, et avant que le nom de son père n’apparaisse dans l’affaire, Marine Le Pen s’était étonnée que Robert Bourgi  « ne parle pas de Nicolas Sarkozy, alors qu’il fait partie du premier cercle. » Interrogé par BFM TV, son père a repris la même expression, après les allégations de Bourgi. « Sachant les liens qui unissent monsieur Bourgi à monsieur Sarkozy, sachant qu’il fait partie du premier cercle, on peut se dire que sans doute tout cela est téléguidé, c’est ridicule ! » a réagi l’ancien dirigeant du FN qui précise avoir entretenu des relations « courtoises » avec Omar Bongo. « Je l’ai vu une fois, je lui ai rendu une visite officielle devant témoin et le président Bongo ne m’a jamais donné d’argent, ça c’est clair. »

Le fils et successeur de Omar Bongo ondimba, Ali Bongo Ondimba, a quant à lui déclaré « ne pas se sentir concerné » par les déclaration de Robert Bourgi. Enfin, l’Ordre des avocats de Paris a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête sur Bourgi. « Afin d’être exactement informé sur la réalité des missions que M. Robert Bourgi, avocat, déclare avoir accomplies, (le bâtonnier de Paris) a ordonné une mesure d’enquête déontologique », indique le barreau de Paris dans un communiqué.

(Avec AFP)

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