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Claude Le Roy : « Je ne retiendrai que les meilleurs, qu’ils jouent en RDC ou en Europe »

Claude Le Roy s'est engagé pour trois ans au poste de sélectionneur de l'équipe de RDC. © AFP

Cinq ans après la fin d’une première expérience en République démocratique du Congo (RDC), Claude Le Roy est de retour à la tête des Léopards, en théorie pour trois ans. Son objectif est double : la CAN 2013 et la Coupe du Monde 2014.

On vous attendait plutôt en Asie, et vous revoici en RDC. Comment cela se fait-il ?

J’étais libre de tout engagement depuis mon départ de Syrie en mai. J’avais des propositions en Asie, mais aussi en Afrique et en France. Vers le 30 août, j’ai reçu un appel de Constant Omari, le président de la fédération congolaise. Je ne voulais pas discuter, car il y avait un sélectionneur en place (Robert Nouzaret, NDLR). Quand le départ de Nouzaret m’a été confirmé, j’ai pris l’avion pour Kinshasa, j’ai rencontré les décideurs et j’ai signé pour trois ans.

Pourquoi revenir en RDC, qui ne fait pas vraiment partie des meilleures sélections africaines ?

C’est un pays qui « sent » le foot. J’avais besoin d’aller là où le foot est une passion, pour ressentir ce vrai frisson, pour vibrer. Il y a ici un potentiel extraordinaire. Attention, je ne dis pas qu’il y a une pépite à chaque coin de rue ! Mais il y a des vrais joueurs de foot. Maintenant, je sais qu’il faut organiser pas mal de choses. On va prospecter, aller dans les provinces pour voir des matchs.

Allez-vous vivre à Kinshasa ?

Bien sûr ! C’est ce que j’ai toujours fait partout où je suis allé. Quel est l’intérêt de vivre en France quand on entraîne une sélection africaine ? Je veux assister à des matchs en RDC, afin de voir qui pourrait renforcer l’équipe nationale. Cela ne m’empêchera pas de suivre les joueurs qui évoluent à l’étranger. Car les choses doivent être claires : je ne retiendrai que les meilleurs, qu’ils jouent en RDC ou en Europe.

La RDC un pays qui « sent » le foot. J’avais besoin d’aller là où le foot est une passion, pour ressentir ce vrai frisson, pour vibrer.

Cela sera-t-il le cas le 8 octobre prochain contre le Cameroun, lors du dernier match qualificatif pour la CAN 2012 ?

Oui. Même si la RDC est éliminée, il faut préparer la suite, et notamment le barrage contre le Swaziland (11 et 15 novembre) comptant pour la Coupe du Monde 2014. Je vais essayer d’organiser un stage fin septembre-début octobre à Paris ou dans le golfe Persique, afin de rencontrer un maximum de monde et évoquer les objectifs.

Est-il exact que vous comptez faire appel à des joueurs binationaux ?

Mais c’est évident ! Je n’ai pas aimé ces débats sur les quotas en France. La direction technique nationale française devrait être heureuse et fière d’aider des pays du sud en formant des joueurs. Dans les centres de formation français, il y a un pourcentage non négligeable de joueurs d’origine congolaise. Tous ne joueront pas pour l’équipe de France. Alors, je vais faire en sorte de convaincre des joueurs d’origine congolaise de porter le maillot des Léopards. Je pense à Kitambala (Saint-Etienne), Mvuemba  et Kembo-Ekoko (Rennes), Nzonzi (Blackburn, Angleterre), Kakuta (Bolton, Angleterre) ou encore Jordan Lukaku (Anderlecht, Belgique).

Robert Nouzaret avait exclu de la sélection  trois joueurs (Mbokani, Mabiala et Mongongu) en mars dernier pour raisons disciplinaires…

Les suspensions sont levées ! De la même façon, je vais reprendre contact avec Lua Lua (sans club), Hérita llunga (West Ham, Angleterre) ou encore Joël Sami (Nancy), qui avaient pris quelques distances avec la sélection, pour savoir ce qu’ils souhaitent. Je veux des joueurs motivés pour atteindre les objectifs, c’est-à-dire la CAN 2013 et la Coupe du Monde 2014.

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Recueillis par Alexis Billebault

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