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Cap-Vert : Cesaria Evora, « la diva aux pieds nus », met un terme à sa carrière

Par Jeune Afrique

Cesaria Evora met un terme à sa carrière pour des raisons de santé. © AFP

Après une carrière exceptionnelle, Césaria Evoria, la "Diva aux pieds nus", a décidé de mettre un terme à sa carrière en raison de ses problèmes de santé. Retour sur le parcours de la voix du blues capverdien.

Le Cap-Vert vient de perdre sa voix. A l’âge de 70 ans, Cesaria Evora a décidé de quitter la scène et de faire ses adieux à un public fidèle.

« Je n’ai pas de force, pas d’énergie. Je veux que vous disiez à mes fans : excusez-moi, mais maintenant, je dois me reposer. Je regrette infiniment de devoir m’absenter pour cause de maladie, j’aurais voulu donner encore du plaisir à ceux qui m’ont suivie depuis si longtemps », confie-t-elle dans les colonnes du Monde le 21 septembre. 

Fini les tournées mondiales aux quatre coins du globe, son corps ne tient plus. Dans un communiqué de presse, Lusafrica, sa maison de disque, a annoncé l’annulation des ultimes dates de concerts de la chanteuse cap-verdienne en France, en Suisse, en Roumanie…

Goût immodéré pour les "batathinas"

« Un état de grande fatigue » perceptible lors de l’une de ses dernières prestations au Grand Rex à Paris en avril. Déjà en 2008, Cesaria Evora avait été contrainte de ralentir la cadence infernale de ses représentations pour se ménager suite à un accident vasculaire.

Nha Sentimento, un album « dansant et fruité » selon les fines oreilles, restera donc son dernier enregistrement.

La diva a accumulé les pépins de santé au cours des dernières années. Elle a « failli mourir en Australie » et son cœur a « flanché à Lisbonne », rappelle-t-elle dans un entretien au Monde. En cause : son goût immodéré pour les "batathinas", des chips portugaises.  « Un jour, cet été, une enfant est venue chez moi, elle avait un petit paquet de chips à la main. Je voulais les goûter, mais je n’osais pas lui demander. Quand elle est partie, j’ai demandé à Piroque d’aller m’en acheter. Le jour suivant, pareil, et ainsi de suite », avoue-t-elle.

Carrière atypique

Commencée dans les petits-bars de Mindelo, la carrière de Cesaria Evora prend son envol à la fin des années 1980 grâce à José Da Silva, un Franco-Cap-Verdien employé de la SNCF, qui a créé le label discographique Lusafrica. Pour la première fois en 1985, elle quitte son île natale et s’envole pour Lisbonne sur invitation de l’Organisation des femmes cap-verdiennes (OMCP). La sortie de La diva aux pieds nus, titre duquel elle tire son surnom, en 1988, fera d’elle une star internationale.

Un succès sur le tard qui ne s’est jamais démenti. Cesaria Evora a écoulé plus de 6 millions de disques.

Outre les fans de blues, Goran Bregovic, Madona, Catherine Ringer ou encore Linda Ronstadt ont été séduits par le timbre chaloupé de Cesaria Evora au point de la solliciter tour à tour pour des duos prestigieux.

Cesaria Evoria est devenue l’égérie de la morna, le blues cap-verdien, exportée grâce à elle aux quatre coins de la planète. Notamment avec le titre « Sodade », son hymne, enregistré sur l’album Miss Perfumado (1992). Une chanson évoquant le travail forcé des Cap-Verdiens dans les plantations de cacao de São Tomé e Príncipe, quand cette île était une terre occupée par le colon portugais.

Après de nouveaux examens médicaux la semaine prochaine, Cesaria Evora devrait retrouver son île. « Evidemment, où voudriez-vous que j’aille ? Je dois maintenant réunir la famille », confie-t-elle au Monde.

(Avec AFP)
 

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