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Francophonies en Limousin : la trompette vagabonde d’Ibrahim Maalouf

"J'aime voyager entre les nombreuses branches de la forêt que représente le monde de la musique." © Alexandre Paufert

Lors du festival des Francophonies en Limousin, qui se déroule actuellement à Limoges, le trompettiste Ibrahim Maalouf est venu présenter sa pièce "Métamorphise". Rencontre avec un artiste qui, à 31 ans, en est déjà à son troisième album.

Le mélange des genres et la mise à mort des frontières, c’est un peu la spécialité du Festival des Francophonies en Limousin qui se tient à Limoges (France) du 28 septembre au 8 octobre. Aussi n’est-il pas surprenant que le jeune prodige franco-libanais de la trompette Ibrahim Maalouf y trouve sa place avec aisance. C’est sans craindre de côtoyer les plus grands – en l’occurrence les compositeurs Nino Rota et Wolfgang Amadeus Mozart – qu’il présente sa pièce « Métamorphise » à l’opéra-théâtre de Limoges, à l’heure où sort dans les bacs sont troisième album, Diagnostic, après Diasporas (2008) et Diachronism (2009).

Musicien vagabond de 31 ans, le neveu de l’académicien Amin Maalouf cache dans le cuivre de sa trompette des trésors puisés dans toutes les traditions qui l’ont nourri. Né à Beyrouth, formé à la musique occidentale comme à la musique traditionnelle arabe par un père virtuose, Maalouf est ouvert à toutes les rencontres et à toutes les expériences. Couronné par de nombreux prix de musique classique et de jazz, dont celui de Révélation de l’année aux Victoires du Jazz 2010, il a travaillé avec Matthieu Chédid, George Moustaki, Amadou et Mariam, Salif Keita, Vincent Delerm, Sting et quelques autres…

"D’arbre en arbre"

« D’arbre en arbre, j’aime voyager entre les nombreuses branches de la forêt que représente le monde de la musique », dit-il. Créé à Limoges le 29 septembre, Métamorphise est présentée après le concerto pour orchestre à cordes de Nino Rota et avant la symphonie n°41 « Jupiter » en ut majeur K 551 de Mozart, sous la direction du très jeune chef d’orchestre québécois Jean-Michaël Lavoie.

Elle sera reprise dès le 30 septembre à Saint-Junien, puis les 27 et 29 mars à Aubusson et Bellac. Dans une forme identique ? Sans doute pas. Quand il joue, comme quand il compose, Ibrahim Maalouf tient à se ménager des espaces de liberté lui permettant d’improviser. « Toute la première partie de la pièce est une improvisation traditionnelle dans le monde arabe, posée sur un ostinato de basses. C’est une liberté totale », explique-t-il. Liberté d’aller où il veut, liberté de butiner ici et là : Ibrahim Maalouf suit désormais un chemin qui lui est propre.

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Nicolas Michel, envoyé spécial à Limoges

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