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Cameroun : les grands absents de la présidentielle

La présidentielle au Cameroun : un scrutin joué d'avance ? © AFP

Augustin Frédéric Kodock (UPC-K), Pierre Mila Assoute (RDMC), Christopher Fomunyoh (indépendant), Louis Tobie Mbida (PDC) : quatre personnalités qui n'auront pas l'occasion de défier Paul Biya à l'élection présidentielle prévue le 9 octobre au Cameroun. Explications d'une absence, en général involontaire.

Augustin Frédéric Kodock, 78 ans, Union du peuple camerounais (UPC-K)

Fin de partie pour le patriarche de Makak, dans le Nyong-Ekélé (région centre). Épuisé et malade, il pourrait se retirer de la scène politique sur un affront : le rejet définitif de sa candidature à la présidentielle du 9 octobre malgré un recours devant la Cour suprême. À 78 ans, il comptait bien essayer de gêner une dernière fois le RDPC de Paul Biya, son ancien allié, en particulier dans sa région natale qui est un fief du vieux parti nationaliste. Y serait-il parvenu ? Rien n’est moins sûr.

Car certains de ses militants ne lui pardonnent pas la perte de prestige de l’UPC, à la suite de ses passages dans plusieurs gouvernements Biya, la première fois après la présidentielle de 1992, avec quatre autres membres de son parti. Pour Augustin Frédéric Kodock, la page UPC semble d’ailleurs définitivement tournée, puisqu’il appelle à soutenir la candidature d’Adamou Ndam Njoya, de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), plutôt que celle d’Anicet Ekanè, du Manidem, une tendance de l’UPC.

Pierre Mila Assoute, 54 ans, entrepreneur, Rassemblement démocratique des modernistes camerounais (RDMC)

Son retour triomphal au bercail avait été annoncé à maintes reprises, en vain. En exil à Paris et en délicatesse avec l’État camerounais, le transfuge du RDPC n’est pas parvenu à justifier des douze mois de résidence continue sur le territoire national, un critère à remplir pour se présenter. Déposée par Siméon Kuisseu, ex-secrétaire général de l’UPC, sa candidature a donc été rejetée, Elections Cameroon (Elecam) estimant par ailleurs qu’il manquait un certificat d’imposition. Pour le RDMC, la pièce justificative de résidence ne figure pas dans la liste des éléments à produire dans le dossier de candidature.

La mise à l’écart de leur candidat aurait donc à voir avec le litige qui l’oppose à l’État camerounais. En 2006, Mila Assouté avait assigné ce dernier devant la justice et obtenu la saisie, sur un compte de l’État du Cameroun ouvert à la Société générale de banques à Paris, la somme de 2 443 000 euros, environ 1 602 508 000 F CFA. Selon Mila Assouté, cet argent représentait l’indemnité due pour son rôle « d’entremetteur » dans le différend qui a opposé d’un côté l’État du Cameroun et la Cameroon Airlines (Camair) à la société sud-africaine Transnet, de l’autre.

Christopher Fomunyoh, 55 ans, universitaire, politologue

Peu connu sur la scène politique nationale, le Monsieur Afrique du National Democratic Institute (NDI) à Washington était pourtant très attendu par ses fans. Christopher Fomunyoh a préféré renoncer, sans doute peu confiant dans les règles électorales en vigueur dans son pays. Entre participer à une élection où tout semble joué d’avance et conserver le confort et le prestige de son job aux Etats-Unis, dans un institut qui s’emploie à renforcer la démocratie, il a fait son choix. Et refuse, dit-il, d’apporter sa caution à un scrutin qui n’intéresse pas la population. D’autant qu’il a aussi créé la Fondation Fomunyoh (TFF), qui vise à promouvoir les droits de l’homme et à renforcer les institutions de son pays. En attendant l’après-Biya ?

Louis Tobie Mbida, 55 ans, médecin, Parti des démocrates camerounais (PDC)

Il avait soutenu le président Paul Biya lors de présidentielle de 1992 et envisageait de l’affronter en 2011. Raté ! La Cour suprême a confirmé le rejet de sa candidature par le Conseil électoral d’Elecam, au motif que l’une des pièces du dossier n’était pas revêtue de sa « signature légalisée ». Elecam réduit ainsi à néant les efforts du fils du Premier ministre du tout premier gouvernement camerounais, André Marie Mbida. Rentré au Cameroun dès début 2010, sur le terrain, il avait pourtant mouillé la chemise, distribuant généreusement sourires et poignées de main.

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