Côte d’Ivoire – Ghana : Alassane Ouattara demande demande l’arrestation des criminels réfugiés au Ghana

Par Jeune Afrique

Alassane Outtara (C) et son homologue ghanéen John Atta Mills (D) le 6 septembre 2011 à Accra. © AFP

Voyage éclair, mais efficace, pour le président ivoirien au Ghana. Arrivé le matin à Accra, Alassane Ouattara est reparti dans la soirée. Entre temps, il a rencontré la communauté ivoirienne ainsi que son homologue ghanéen John Atta-Mills, auquel il a demandé l'arrestation des exilés pro-Gbagbo recherchés par la justice.

Alassane Ouattara « a demandé au Ghana d’envisager la mise en œuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l’application des mandats d’arrêt émis contre des personnes présumées coupables d’actes criminels commis durant la crise poste-électorale ivoirienne », indique une déclaration conjointe des deux présidents. Une requête que le Ghana a donc accepté d’étudier, une réunion entre responsables de la sécurité des deux pays étant prévue prochainement à Abidjan.

Des milliers d’Ivoiriens se sont réfugiés au Ghana, parmi lesquels de nombreux partisans du président déchu Laurent Gbagbo. Un accord tripartite prévoyant leur rapatriement a été signé jeudi par le Atta-Mills, Ouattara et le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés.

"la Côte d’Ivoire est maintenant un État de droit"

S’adressant à quelque 1500 compatriotes, Alassane Ouattara a lancé un appel pour qu’ils « rentrent au pays » désormais « en paix ».

« Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c’est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon (…) N’ayez pas peur (…) la Côte d’Ivoire est maintenant un État de droit », a lancé Ouattara, devant quelques 1 500 compatriotes rassemblés dans un centre de conférence d’Accra. (…) Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive », a-t-il promis.

Contrairement à ce qu’elle prévoyait, une délégation de personnalités pro-Gbagbo réfugiées au Ghana n’a pas eu d’entretien particulier avec le président. Elle est repartie peu après le discours de celui-ci. Il faut dire que la communauté des exilés ne le ménage pas. Le porte-parole de Laurent Gbagbo, Justin Koné Katinan, ex-ministre du Budget en pleine crise, signe régulièrement des communiqués virulents depuis Accra où une « Coordination du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) en exil » a ainsi été montée, sous la direction d’Assoa Adou, un ancien ministre.

Pression sur Atta-Mills

Dans la matinée, Katinan avait estimé que la rencontre avec Ouattara serait « une occasion pour exposer nos souffrances et ce que nous attendons des nouvelles autorités ivoiriennes ». En réalité, le voyage de Ouattara n’avait pas pour but de recueillir les doléances de ses opposants, mais de « mettre la pression sur Atta-Mills », comme l’expliquait à l’AFP une source diplomatique occidentale.

« Ce qui irrite le pouvoir, c’est surtout le fait que des pro-Gbagbo se baladent à Accra alors que des mandats d’arrêt ont été émis par la justice ivoirienne à l’encontre de certains d’entre eux », avait-elle expliqué. Et Abidjan en veut particulièrement au toujours influent Jerry Rawlings, ex-président ghanéen proche de Laurent Gbagbo, soupçonné de jouer un jeu ambigu depuis la crise.

(Avec AFP)