Fermer

Al-Qaïda : Ayman al-Zawahiri appelle l’Algérie à suivre l’exemple libyen

Par Jeune Afrique

Ayman al-Zawahiri apparaissant sur une vidéo du SITE Intelligence Group, en date du 8 juin 2011. © AFP

Dans une vidéo diffusée mardi, le nouveau numéro un d'Al-Qaïda, l'Égyptien Ayman al-Zawahiri appelle les Libyens à fonder un régime fondé sur la charia et les Algériens à se révolter à leur tour.

La nouvelle ne devrait pas rassurer ceux qui craignent que Al-Qaïda essaie de tirer profit des bouleversements du Printemps arabe. Rompant un silence de plus de deux mois, le nouveau numéro un d’Al-Qaïda, l’Égyptien Ayman al-Zawahiri appelle les Libyens à fonder un régime islamiste et les Algériens à se révolter à leur tour dans une vidéo diffusée mardi, et authentifiée par le centre américain de surveillance des sites islamistes (Site).

Désigné en juin par Al-Qaïda pour succéder à Ben Laden, tué début mai au Pakistan lors d’une opération commando américaine, Zawahiri, 59 ans, est devenu l’homme le plus recherché du monde. Sa tête est mise à prix 25 millions de dollars par les autorités américaines. Dans cette vidéo d’un peu plus de 13 minutes, enregistrée en août ou septembre, d’après le Site, il félicite le « peuple en Libye pour sa victoire contre le tyran ».

L’Otan, un "gang occidental"

En tenue blanche, assis sur un fauteuil couvert d’un drap, Zawahiri qualifie l’Otan de « gang occidental » dont le but premier serait de forcer les libyens à « abandonner l’islam », et les presse d’adopter la loi coranique, la charia, comme base du régime post-Kadhafi. « Faites attention aux complots de l’Occident et de ses sbires au moment où vous bâtissez votre nouvel État. Ne leur permettez pas de vous tromper et de vous priver du résultat des sacrifices et souffrances endurés », dit Zawahiri.

Le nouvel homme fort d’Al-Qaïda appelle également « le peuple d’Algérie à suivre » l’exemple libyen. « Vos frères en Tunisie puis en Libye ayant jeté leurs tyrans aux poubelles de l’Histoire, pourquoi ne vous révoltez-vous pas contre votre tyran », lance-t-il aux Algériens. « Le gouvernement du président Abdelaziz Bouteflika a réussi à contenir des manifestations de contestation similaires à celles qui ont fait perdre le pouvoir au Tunisien Zine el-Abidine Ben Ali », poursuit-il.

Multiplication des attaques

Les déclarations du nouvel homme fort d’Al-Qaïda interviennent alors que régime algérien est confronté depuis plusieurs mois à une multiplication des attaques revendiquée par la branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Depuis la chute de Tripoli, Alger a fait part de ses vives inquiétudes quant à la possible déstabilisation de la région par Aqmi, notamment à cause de l’important stock d’armes laissé à disposition par l’ancien régime. Entre 5 000 et 10 000 missiles sol-air, selon les estimations, ont disparu en Libye et des rumeurs persistantes affirment quelles seraient tombées entre les mains des djihadistes.

Selon un document du Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, daté de septembre, Aqmi « a manœuvré discrètement pour avoir un plus grand rôle stratégique dans le Sahel, et, en profitant du chaos dans la région, étendre son influence au-delà de sa base algérienne ». En direction de la Libye, à l’évidence.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici