Côte d’Ivoire : Séka Séka muet, Ramaël piétine dans l’affaire Kieffer

Anselme Séka Yapo est considéré comme un élément clé de l'affaire Kieffer. © D.R.

L'ex-garde du corps de Simone Gbagbo, Anselme Séka Yapo dit "Séka Séka", refuse de reconnaître toute implication dans la disparition de Guy-André Kieffer. Mais au cours de son séjour à Abidjan, le juge Ramaël en charge du dossier a réalisé des progrès sur une autre affaire, très proche : celle du bref enlèvement de l'avocat français Xavier Ghelbert, en 2004.

Alors que la chute de Laurent Gbagbo en avril dernier devait permettre de donner un coup d’accélérateur à l’affaire Guy André Kieffer, du nom journaliste français porté disparu à Abidjan, le 16 avril 2004, le juge français Patrick Ramaël a quitté Abidjan le 13 novembre sans avoir fait de progrès notables dans ce dossier dont il a la charge.

Le magistrat du tribunal de grande instance de Paris a pourtant passé deux semaines en Côte d’Ivoire, où il devrait retourner très prochainement. « L’affaire Kieffer n’est pas bouclée. En revanche, celle de Xavier Ghelbert a enregistré des avancées. Ramaël s’est rendu au nord pour auditionner des militaires pro-Gbagbo impliqués dans cette affaire et cela a été concluant », explique un proche du dossier.

Les difficultés éprouvées par le juge Ramaël dans l’affaire Kieffer résultent de la non coopération du commandant Anselme Séka Yapo alias « Séka Séka », l’ex-aide camp de la première dame déchue Simone Gbagbo, qui est considéré comme un élément clé dans l’enlèvement, puis la disparition du journaliste français. « Anselme Séka a nié toute implication au cours de son audition avec le juge Ramaël », explique une source proche du dossier.

Patrice Baï, comme Séka Séka

Une deuxième difficulté est aussi venue de Patrice Baï, cousin de Laurent Gbagbo et ex-chef de la garde rapprochée civile de la présidence ivoirienne. Plusieurs fois cités par des témoins, il a refusé de reconnaître la moindre implication dans l’affaire Kieffer », poursuit notre informateur.

Pourtant, lors de son premier voyage de l’année 2011, en mai, Ramaël avait perquisitionné le palais de la présidence dans le quartier des affaires du Plateau. Une opération qui avait mis en évidence l’existence de cellules de détention dans les sous-sol du bâtiment, étayant les déclarations de plusieurs témoins selon lesquelles Guy-André Kieffer y aurait transité pour une destination inconnue.

Le magistrat français a également mené une opération à la résidence du couple Gbagbo, à Cocody, où il a fait des découvertes dans les bureaux de l’ex-première dame. « Plusieurs dossiers concernant Guy-André Kieffer, pas seulement ses articles, mais des informations précises sur ses faits et gestes, alors que le couple Gbagbo a toujours affirmé ne pas le connaître », révèlent plusieurs sources concordantes.

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