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Législatives ivoiriennes : ces « indépendants » qui se présentent malgré le boycott du FPI

Le député sortant du FPI Victor Basile Séri Déhoua (au C.) mène la fronde. © D.R.

Ils sont au moins neuf cadres du FPI à se porter candidats aux législatives du 11 décembre. À leurs risques et périls, ils bravent la consigne de boycott de leur parti, qui réclame toujours comme préalable à sa participation au scrutin la libération de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

« Ce n’est pas une défiance. On peut appeler cela une indiscipline positive ». C’est la ligne de défense adoptée par Victor Basile Séri Déhoua, député sortant du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) et candidat indépendant aux élections législatives du 11 décembre, dans la circonscription d’Iboguhé (département d’Issia, centre-ouest du pays et fief natal de l’ex-chef d’État).

Victor Basile Séri Déhoua et au moins huit autres députés sortants de l’ex-parti présidentiel sont candidats indépendants aux législatives du 11 décembre prochain en Côte d’Ivoire. Ils viennent de créer une coordination baptisée « Groupe des indépendants FPI ». Leur objectif : gagner les législatives dans leurs circonscription et former un groupe parlementaire « sur la base des idéaux du FPI », explique Séri Dahoua.

Liste de 900 candidats

Outre les députés sortants (Robert Yabi Gohi, Patrice Gbaka-Bredé, Djo Zeregbé, Eugène Djè Bi Djè, Justin Tapé, N’Gbesso Angodji, N’Guessan Kassi Assandé, Zon Sono), au moins trois autres responsables du FPI sont candidats. Il s’agit de Richard Matio, secrétaire fédéral du FPI à Soubré, Lucas Guéhi Brissi, secrétaire général sortant de l’Assemblée nationale et Jacques Dogo, maire intérimaire (FPI) de Cocody.

À en croire le « Groupe des indépendants FPI », d’autres candidats indépendants issus des rangs du parti de Laurent Gbagbo existent certainement sur la liste d’environ 900 candidats aux législatives publiée le13 novembre. Ces candidats sont tous issus de circonscriptions électorales (Grand Zatry, Zuénoula, Zoukougbeu, Sikensi, etc.) où l’ex-président a obtenu de très bons scores lors de l’élection présidentielle de l’année dernière.

Des "rebelles" qui jouent gros

En décidant de ne pas suivre le boycott des élections par le FPI, dont la position est toujours « Pas d’élections législatives avec Laurent Gbagbo en prison », les « rebelles » jouent gros et ils le savent. Ils s’exposent à des sanctions disciplinaires et même à la radiation pure et simple du parti. Surtout, ils peuvent subir des agressions physiques d’irréductibles du camp Gbagbo.

« Nous comptons demander la protection des Casques bleus de l’Onuci [Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, NDLR] non seulement pour nous prémunir contre les extrémistes de notre propre camp, mais aussi à cause du contexte d’insécurité généralisée », indique Séri Dahoua.

Pour Séri Déhoua, « si les indépendants que nous sommes, arrivons à gagner au moins huit sièges, nous allons créer un groupe parlementaire pour peser sur le débat. En clair, nous comptons nous battre à l’Assemblée nationale contre le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale » (CPI). À moins que le départ de ce dernier pour La Haye n’arrive plus vite encore qu’ils ne le pensent…

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Par André Silver Konan, à Abidjan
 

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