Libye : après Seif el-Islam, Abdallah Senoussi arrêté dans le sud du pays

Capture d'écran du site du 17 février : Seif el-Islam après son arrestation, le 19 novembre. © AFP

Abdallah Senoussi, l'ancien chef des services de renseignement libyens du temps de Mouammar Kadhafi, dont il était également le beau-frère, a été arrêté dimanche dans le sud du pays. Comme Seif el-Islam Kadhafi, il devrait être jugé en Libye, a affirmé le CNT.

Les autorités libyennes ont affirmé dimanche qu’elles n’exécuteraient pas les mandats d’arrêt internationaux lancés par la CPI contre Seif-el Islam Kadafi et Abdallah Senoussi (photo ci-dessous, © AFP), suspectés de crimes contre l’humanité. Le premier a été arrêté dans la nuit de vendredi à samedi par des ex-rebelles de Zenten et Barguen, dans la région de Wadi al-Ajal (sud), et le second dimanche par des brigades d’anciens combattants, dans la maison de sa sœur à Al-Guira (sud).

« La décision est qu’il [Seif el-Islam] sera jugé devant les tribunaux libyens. C’est une question de souveraineté nationale », a déclaré à la presse Abdelhafidh Ghoga, le vice-président et porte-parole du CNT, précisant qu’il en irait de même pour Senoussi. « Nous voulons que le procès de Seif al-Islam ait lieu en Libye car la justice locale est la règle et la justice internationale l’exception », avait expliqué peu avant le ministre de la Justice, Mohammed el-Allagui.

Procès équitable

« Nous avons les garanties nécessaires pour un procès équitable, en particulier après l’amendement d’une loi garantissant l’indépendance de la justice par rapport à l’exécutif », a-t-il assuré, répondant aux pressions de plusieurs pays, dont la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, dans le sens d’une coopération entre Tripoli et la CPI pour garantir un « procès équitable ».

« Si les autorités libyennes désirent mener le procès en Libye, il faut soumettre une demande à la CPI et les juges décideront éventuellement. Mais selon le principe de complémentarité et le Statut de Rome, la priorité est au droit national », avait expliqué dimanche soir un porte-parole de la CPI, Fadi El-Abdallah.

Seif el-Islam, 39 ans, est soupçonné par la CPI d’avoir joué un « rôle-clé dans la mise en œuvre d’un plan » visant à « réprimer par tous les moyens » la révolution libyenne, tandis que Senoussi, 62 ans, est poursuivi pour avoir été « la plus haute autorité des forces armées » sous le commandement duquel « des actes inhumains [auraient été infligés]à la population civile, la privant gravement de ses droits fondamentaux ».

Abou Salim et UTA

Senoussi est également aussi pointé du doigt dans le massacre de la prison d’Abou Salim à Tripoli, où plus de 1 000 prisonniers avaient été tués en 1996 dans une fusillade. Il avait également été condamné en France par contumace à la prison à vie en 1999 pour son implication dans l’attentat contre un DC-10 de la compagnie UTA en 1989, qui avait fait 170 morts.

Dimanche soir, Seif el-Islam était toujours aux mains des combattants pro-CNT de Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli.Répondant aux allégations de certains médias sur le fait que des combattants de Zenten refuseraient de remettre Seif el-Islam au CNT, Ghoga a affirmé que le prisonnier restait à Zenten pour des raisons de sécurité. « Si on veut transférer Seif à Tripoli, on le fera », a-t-il assuré.

Quoi qu’il en soit, l’annonce des arrestations de seif el-Islam et de Senoussi ont obligé le Premier ministre par intérim, Abdel Rahim al-Keib, à reporter de 48 heures l’annonce de son nouveau gouvernement, qui était prévue ce dimanche.

Bio express de Seif el-Islam

(Avec AFP)