Guinée : auto-satisfecit d’Alpha Condé après une année au pouvoir

Alpha Condé, le 1er août 2011 à Washington. © AFP

Un an après son investiture, le 21 décembre 2010, le président guinéen Alpha Condé s'est exprimé à la Radio télévision guinéenne. Il a dressé un bilan positif de son action à la tête du pays.

« Nous revenons de loin, a déclaré Alpha Condé, dès le début de son intervention retransmise à la Radio télévision guinéenne (RTG, média public). Notre passé a été sombre et divisé. Notre avenir doit être comme une seule nation, un seul pays, partagé par tous pour le bénéfice de tous. Étape par étape vers une vie meilleure : telle est notre ambition. L’année 2011 a été meilleure que 2010. L’année 2012 doit être meilleure que 2011 ».

Une année de réformes

Alpha Condé, 73 ans, a été investi le 21 décembre 2010, à la suite d’un long et éprouvant processus électoral. Dans son discours prononcé à Sékoutoureya, le palais présidentiel, en présence des présidents d’institution, du gouvernement et du corps diplomatique, le président guinéen a expliqué que « pendant cette première année, il (nous) a fallu poser les fondations d’un véritable État de droit, d’une administration plus performante et du retour de notre pays sur la scène internationale. Tout au long de cette année, nous avons dû faire des choix difficiles et prendre des initiatives audacieuses ».  Des choix difficiles surtout sur des sujets sensibles tels « le nouveau code minier, la réforme de l’armée, et de nombreuses réformes structurelles », qui selon Condé, sont « des préalables nécessaires au changement souhaité par les Guinéennes et les Guinéens ».

L’ex-opposant historique s’est félicité de l’amélioration de la situation financière et macroéconomique. Résultat : « le déficit budgétaire qui était de 13% a été ramené à 2%. À notre arrivée, les réserves en devises de la Banque centrale couvraient à peine 8 jours d’importation, aujourd’hui elles peuvent couvrir 5 à 6 mois d’importation, l’inflation a été stabilisée et le taux de croissance passe de 1,5% à environ 5%, dans les quatre prochaines années ». En ligne de mire de Condé : le point d’achèvement de l’initiative pour les Pays pauvres très endettés (PPTE)  courant 2012.

"Améliorer le mode vie"

Point d’ombre cependant, le déficit d’électricité en Guinée, qui bloque les investissements. Alpha Condé en a conscience et estime que « cette situation dure depuis trop longtemps et n’est plus acceptable ». Il a promis 125 mégawatts d’électricité qui devraient « permettre d’améliorer la desserte en électricité des foyers de la ville de Conakry d’ici en 2012 ».

D’ici là, des projets de barrages hydroélectriques sont prévus. En 2012, Alpha Condé compte renforcer l’unité nationale et « transformer l’économie et attirer les investissements internationaux ». Les Guinéens qui sont sortis difficilement d’un demi-siècle de dictature (Sékou Touré, Lansana Conté et Dadis Camara) attendent avec impatience, comme l’a dit Condé lui-même de sentir « de façon tangible, une amélioration progressive de (leur) mode de vie ».