Guinée : le gouvernement rencontre l’opposition pour établir le dialogue

Par Jeune Afrique

Le président guinéen Alpha Condé. © AFP

Le gouvernement guinéen a tenu mardi 27 décembre une réunion avec les partis d'opposition et des membres de la société civile afin d'établir un dialogue en vue des législatives prévues initiallement le 29 décembre et reportées sine die.

Le dialogue entre le pouvoir et l’opposition se poursuit en Guinée. « Le gouvernement, et particulièrement le ministère de l’Administration interne (Intérieur), entend être à l’écoute positive de tous ceux qui oeuvrent pour l’éclosion d’initiatives novatrices aboutissant au triomphe de la démocratie sans violence et à l’État de droit », a déclaré mardi 27 décembre le ministre de l’Administration du territoire, Alhassane Condé, lors d’une réunion avec des partis pour un dialogue inclusif.

Cinq jours auparavant, les partis d’opposition s’étaient déclarés ouverts au dialogue avec le pouvoir du président Alpha Condé, en vue de préparer les élections législatives, initialement prévues le 29 décembre mais reportées sine die. Le gouvernement a répondu en conviant les partis politiques, la société civile et la commission électorale à tenir une réunion. « L’organisation dans les meilleurs délais des élections législatives transparentes et crédibles dans un climat apaisé constitue un défi et un atout majeur pour la finalisation de la transition », a déclaré Alhassane Condé.

Lors du premier anniversaire de sa prise de fonction, le 21 décembre, le chef de l’État avait assuré vouloir mener son pays aux élections le plus rapidement possible, en 2012, sur la base d’un consensus avec les partis d’opposition.

Principaux leaders de l’opposition absents

Mais lors de l’ouverture de cette réunion, les principaux leaders de l’opposition, dont les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté, étaient absents.

« Nous avons toute la volonté d’aller à un dialogue franc et honnête, mais encore faudrait-il que ce soit un dialogue efficace qui nous amène à des solutions idoines permettant l’organisation d’élections libres et transparentes en Guinée », a affirmé pour sa part Faya Millimono, un des représentants de l’opposition présent lors de la rencontre. Il a émis certaines reserves quant à la bone volonté affichée du président Condé. Rabiatou Sérah Diallo, la présidente du Conseil national de transition (CNT, qui fait office de parlement) a souhaité, elle, que « le dialogue ouvert ne soit pas qu’un slogan, mais une réalité ».« Le peuple de Guinée est trop fatigué, la transition n’a que trop duré », a-t-elle déploré.

La Guinée n’a pas connu d’élections législatives depuis juin 2002. Le CNT a été mis en place au début de l’année 2010, lors de la transition militaire conduite par le général Sékouba Konaté, qui a cédé le pouvoir à Alpha Condé, suite à l’élection présidentielle.

(Avec AFP)