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Côte d’Ivoire – Affaire Kieffer : une dépouille et mille questions

Guy-André Kieffer a disparu le 16 avril 2004, sur un parking d'Abidjan. © AFP

Les restes d’un homme qui pourrait être Guy-André Kieffer ont été exhumés en Côte d’Ivoire. Dans l’attente des résultats des expertises ADN, les interrogations fusent sur l’identité de la victime.

Dougnon Adé est un paysan ivoirien. Il habite le village de Yaokro, à quelque 360 km à l’ouest d’Abidjan. Vendredi dernier, il a participé à l’exhumation d’une dépouille qui pourrait être celle de Guy-André Kieffer, disparu en avril 2004. Les résultats des analyses ADN sont attendus mardi ou mercredi.

Près d’un cours d’eau noirâtre, enjambé par un pont, deux trous fraîchement creusés. « Voilà, c’est ici », lance le sexagénaire. « La tête était là-bas », côté pont, « et puis les pieds ici », côté piste, poursuit-t-il.

« Le corps était là depuis un moment et d’un coup tout le monde s’intéresse à ça », s’étonne l’un des jeunes qui accompagnent Dougnon Adé. Question pertinente restée pour l’heure sans réponse. La date à laquelle le corps a été trouvée n’est pas connue avec précision par les habitants. Il est là depuis « au moins cinq ans », affirme le chef du village, Ernest Allou Kouamé. Mais nul ne sait qui l’a amené là.

"Un corps dans l’eau"

Konan N’Goran, un planteur trentenaire, affirme avoir découvert le corps. « C’était pendant la saison sèche, je suis allé au champ. À mon retour du champ je suis allé au bord de l’eau », raconte-t-il. Sur place, il voit « trois bougies et une machette bien tranchante » dans les herbes puis, plus loin « un corps dans l’eau ».

« Il était pratiquement nu, je ne sais pas si c’est son habit qu’ils ont pris et ont attaché à son cou. C’était un samedi », poursuit-il. Lui et d’autres villageois prétendent que l’homme était noir. Mais Dougnon Adé, qui était de ceux qui l’ont par la suite inhumé, est catégorique : « c’est un homme blanc » et « grand », assure le paysan. Mais sur « son corps, ils ont mis quelque chose dessus », comme du « vernis » ou de la « peinture », explique-t-il. Pour dissimuler la couleur de la peau du cadavre ?

Le chef de Yaokro s’était rendu à la gendarmerie de Saïoua pour signaler la macabre découverte. « Elle est venue avec deux agents et un médecin faire les constats. Ils m’ont demandé d’avertir les villages qui sont proches pour qu’ils viennent regarder le corps ». « Ils ne l’ont pas reconnu », alors les gendarmes « ont demandé de l’enterrer », se souvient Ernest Allou Kouamé. « C’est comme ça que ça s’est passé ».

(Avec AFP)

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