Nord-Mali : « plusieurs morts » dans des affrontements avec des rebelles touaregs

Soldats en patrouille dans le Nord-Mali, en mai 2007, après une attaque de rebelles touaregs. © AFP

Plusieurs morts et prisonniers parmi les assaillants et un soldat tué. C'est le bilan officiel et provisoire de l'attaque menée mardi par des rebelles touaregs du MNLA contre des troupes de l'armée malienne basées à Ménaka, dans le Nord-Mali.

C’est à Ménaka que les affrontements ont éclaté, une ville du nord-est du Mali proche de la frontière avec le Niger. Selon l’armée, il a fallu l’intervention d’un hélicoptère, qui a bombardé les rebelles touaregs à l’origine de l’attaque, pour faire cesser les combats.

Le bilan des combats de mardi serait de « plusieurs morts et blessés « côté assaillants », et « côté Mali d’un mort », indique un communiqué gouvernemental publié hier en fin de journée. « Six véhicules » des rebelles « ont été détruits » et « des assaillants faits prisonniers », indique également le texte.

La version des autorités fait état du retrait des combattants touaregs. « Ce mardi à 06 heures du matin [locales et GMT, NDLR], les assaillants comprenant des militaires rentrés de Libye auxquels se sont joints d’autres éléments se faisant connaître sous l’appellation du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), ont attaqué la ville de Ménaka », explique le communiqué.

Escadron d’hélicoptères et Mig 21

L’armée malienne a ensuite répliqué en mettant en action un « escadron d’hélicoptères de combat et l’aviation légère d’appui », qui ont désormais « rejoint leur base ». Une version démentie par les rebelles qui affirmaient mardi avoir « abattu un chasseur Mig 21 de l’armée malienne et occuper Ménaka », selon un membre du MNLA en France, Moussa Ag Assarid.

Un porte-parole des assaillants se présentant comme « Moussa Salam » a par la suite confirmé ces assertions. Selon lui, les rebelles touaregs tenaient toujours mardi soir deux camps militaires de Ménaka, ce que l’armée a « catégoriquement » démenti.

Repli en dehors de Ménaka

Selon l’AFP, qui cite « des sources concordantes », les rebelles étaient bien entrés pendant un moment dans Ménaka. Mais ils se seraient repliés à deux kilomètres de la ville, dans une zone boisée. C’était « pour éviter de tuer de civils », s’est justifié le porte-parole touareg, avant d’affirmer : « nous sommes revenus (…) et il n’y a plus de combats ».

Des combats dans le nord du Mali étaient attendus depuis plusieurs jours. La semaine dernière, l’armée avait renforcé sa présence en concentrant des hommes à Tinzawaten, ville proche de la frontière avec l’Algérie. Selon une source indépendante, l’armée est passée par la zone montagneuse de Zakac où étaient installés des rebelles touareg. Ceux-ci se sont aors repliés en se séparant en trois groupes, dont l’un serait à l’origine de l’attaque de Ménaka.

Parmi les Touaregs qui ont repris les armes, figurent des hommes rentrés de Libye avec de véritables arsenaux de guerre, des officiers déserteurs de l’armée malienne, des combattants du groupe d’Ibrahim Ag Bahanga, ex-chef rebelle mort en 2011 dans un accident de voiture, et ceux d’Iyad Ag Ghaly, figure de l’ex-rébellion des années 1990, devenu un moment artisan de la paix et négociateur dans la libération d’otages européens.

(Avec AFP)