Maroc : l’ambitieux programme du gouvernement Benkirane

Par Jeune Afrique

Abdelilah Benkirane, au premier plan, le 18 janvier 2012 à Rabat. © AFP

Devant le Parlement, le nouveau Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane a présenté le programme de son équipe, jeudi 19 janvier. Le gouvernement prévoit un taux de croissance de 5,5% pour les quatre années à venir et entend faire de la réduction des inégalités et de la lutte contre la corruption et sociales ses priorités.

Optimisme économique pour le nouveau gouvernement marocain. Abdelilah Benkirane, le Premier ministre issu du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste) a présenté sa déclaration gouvernementale devant le Parlement marocain, jeudi 19 janvier. Un programme qui « vise à réaliser un taux de croissance de 5,5%, à maîtriser l’inflation autour de 2%, à réduire le taux de chômage à 8% et le déficit budgétaire à 3% du PIB (6% attendus en 2011) durant les quatre années à venir », a déclaré le chef du gouvernement.

Le Maroc a enregistré, en 2010, une croissance de 4,5% et table sur un taux de 4 à 5% en 2011. Des chiffres plutôt positifs mais la nouvelle équipe gouvernementale, formée il y a 16 jours, devra tout de même faire face à des défis conséquents. En premier lieu, le chômage, officiellement d’un taux de 9,6%, mais qui touche 31,4% des jeunes de moins de 34 ans. Les nouveaux dirigeants seront aussi attendus au tournant en ce qui concerne la lutte contre la corruption – « un axe de première importance », selon le chef du gouvernement – et la réduction des inégalités sociales.

Le programme présenté par Benkirane promet aussi la création d’un « fonds public d’assurance sociale pour les démunis » et la construction de logements sociaux, une véritable urgence. Le Premier ministre a donc promis « la mise en oeuvre des projets de villes sans bidonvilles, dans un nouveau cadre d’intégration urbaine et sociale de ces projets ».

"Unité et diversité"

Dans son adresse aux députés, Abdelilah Benkirane a également expliqué que les langues arabe et berbère seraient « renforcées, dans un cadre garantissant l’unité et la diversité » du royaume, tout en précisant que « l’identité marocaine se distingue par la place prééminente accordée à l’islam ».

Le discours du Premier ministre a également mis en avant l’importance des avancées démocratiques, suite au Printemps arabe. Le programme du gouvernement s’inscrit donc dans le cadre « de la dynamique démocratique que connaît le monde arabe », a expliqué Benkirane, réaffirmant l’attachement du royaume « à la religion de l’islam tolérant, la monarchie constitutionnelle, la démocratie et la défense de l’intégrité territoriale ».

« L’actuelle législature doit être celle de la mise en oeuvre des dispositions de la nouvelle constitution », a-il encore souligné devant les députés. La nouvelle Constitution, adoptée en juillet et impulsée par le roi Mohammed VI pour parer au vent de révolte qui soufflait sur le monde arabe, offre des prérogatives plus larges au chef du gouvernement et au Parlement, bien que le souverain conserve de nombreux pouvoirs.

(Avec AFP)