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Sénégal : Wade contre-attaque dans la rue et au plan diplomatique

Abdoulaye Wade le 3 avril 2007 à Dakar. © Seyllou Diallo/AFP

Quelques heures après une marche de plusieurs milliers d'opposants à Dakar mardi, après un appel du Mouvement du 23 juin (M23), Abdoulaye Wade s’est offert  une parade dans les rues de la capitale sénégalaise. Une démonstration de force qualifiée par l'entourage du président sénégalais de "visite de proximité".

Le bras de fer continue, et Abdoulaye Wade ne compte pas céder une once de terrain à ses détracteurs. Le président sénégalais a défilé mardi 7 février dans les rues de la capitale sénégalaise avec plusieurs milliers de ses supporteurs, quelques heures seulement après une marche de même nature de ses opposants à Dakar, à l’appel du Mouvement du 23 juin (M23).

Debout à bord d’une voiture au toit ouvrant, lors d’une démonstration de force qualifiée par son entourage de « visite de proximité », Abdoulaye Wade a paradé dans plusieurs quartiers de la capitale devant plusieurs milliers de personnes, fidèles, curieux ou même détracteurs, sur fond de musique et de chansons de campagne. « Je suis très satisfait de constater que je suis encore très, très, très populaire » au Sénégal, a-t-il déclaré. « La retraite, ce n’est pas pour demain », a ajouté le président, 85 ans, au pouvoir depuis 2000 et qui sollicite un troisième mandat malgré ses opposants qui estiment que la Constitution le lui interdit.

Un peu plus tôt, le M23 organisait sa troisième marche depuis le début de la campagne. Quelques milliers d’opposants ont défilé dans le calme pendant un peu moins de trois heures dans les rues de Dakar, sans pouvoir entrer dans le centre-ville où ils avaient prévu de se rendre. La plupart des candidats, dont les ex-Premiers ministres Moustapha Niasse et Idrissa Seck, ainsi que le secrétaire général du Parti socialiste (PS) Ousmane Tanor Dieng ont participé à la marche, de même que Youssou Ndour, dont la candidature a été invalidée par le Conseil constitutionnel.

Ambassadeur américain convoqué

Sa contre-offensive, Wade la mène également sur les terrains médiatique et diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères sénégalais Madické Niang a convoqué mardi l’ambassadeur américain à Dakar, Lewis Lukens. La raison : les récentes déclarations de hauts responsables américains sur la nécessité de « laisser la place à la prochaine génération » au Sénégal.

Le même jour, Lewis Lukens déclarait au quotidien privé Le Populaire qu’il était « regrettable que le président Wade ait choisi de compromettre les élections, de mettre en péril la sécurité du pays par son insistance à briguer un troisième mandat ».

(Avec AFP)
 

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